VALENTINE TESSIER

 

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VALENTINE TESSIER

 

 

 

 

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Actrice de cinéma et de théâtre qui a vécu à Pressagny L’Orgueilleux entre les deux guerres.

Amie de cœur de Gaston Gallimard, éditeur, elle s’était installée vers 1912 à quelque pas de lui, dans la maison qui faisait face à la boulangerie, à l’actuel n°30 de la route des Andelys.

Née le 5 août 1892 à Paris, de père d’origine française mais né à Odessa, en Russie, et de mère russe, née à saint Péterbourg.

On disait de son père : "c’est un ingénieur poète russe".

Son arrière-grand-père avait fui la France par fidélité au duc de Richelieu pendant la période révolutionnaire.

La jeune Valentine suivait avec difficultés ses cours primaires.

Elle se disait mauvaise élève, elle avait l’impression de perdre son temps à l’école, sauf quand une punition l’obligeait à apprendre des fables de la Fontaine.

Dés l’age de 10 ans, elle faisait sangloter ses camarades de classe, même son institutrice avait les yeux mouillés de larmes lorsqu’elle récitait des poèmes de François Coppée.

Elle obtint difficilement son Certificat d’études Primaire à l’école communale de Montrouge, puis devint cousette dans un atelier de couture.

A seize ans, alors quelle ravissait ses copines de travail avec des alexandrins, elle est remarquée par Paul MOUNET de la Comédie française, qui l’initie au théâtre.

Durant ces cours, disait Valentine, Paul MOUNET s’obstinait à me faire travailler des rôles âpres et violents.

Je m’étonnais de me voir cantonnée dans des personnages aussi durs, qui ne semblaient pas me convenir.

Il m’en fournit un jour l’explication : Toi me dit t’il en me pétrissant l’épaule de sa poigne de boucher, tu es une blonde qui a un tempérament de brune.

Le grand rêve de Valentine était d’entrer au Conservatoire qui la conduirait à la Comédie Française.

A cinq reprises elle fut refusée au concours d’entrée.

Pour vivre, elle fut obligée de faire des tournées en province avec le comique GALIPAUX.

Enfin elle rencontre Jacques COPEAU qui la pousse en scène sur les planches du Vieux Colombier.

Pendant la guerre de 1914-1918, il l’exile aux États-Unis, la tue au travail. Le rythme était infernal, soupire-t-elle, un spectacle nouveau tous les quinze jours la premiere saison, tous les huit jours la seconde, sans relâche ! J’ai tout joué.

En 1920, le retour du Vieux Colombier à Paris est triomphal.

Valentine se souvient de l’aveu murmuré par COPEAU à son sujet : Je crois que je n’ai jamais rien écouté au théâtre qui m’ait fait autant de plaisir.

En 1928 avec Louis JOUVET, à la Comédie des Champs Elysées, elle crée les personnages des premières pièces de Jean GIRAUDOUX.

Le plus beau souvenir que Valentine aimait à rappeler se situait en 1929. Le lendemain de la première d’ Amphitrion 38 de Jean GIRAUDOUX ou elle jouait avec Louis JOUVET et Pierre RENOIR, elle avait reçu une grande quantité de cartes d’admirations. Parmi ces félicitations, une longue lettre se terminait par une demande en mariage.

Il s’agissait d’une potache du lycée Louis le Grand, âgé de 18 ans, qui se nommait Georges Pompidou !

Sa missive se terminait ainsi:" Je vous demande votre main…pour m’y incliner respectueusement et l’effleurer de mes lèvres ".

Valentine TESSIER avait une voix unique, une présence fascinante. Véritable bête de théâtre de la race des plus grandes actrices. Elle jouait principalement les dames du monde et les personnes distinguées.

André GIDE disait d’elle : C’est un beau fruit velouté.

Colette lui écrivait:" Valentine, vous êtes des pieds à la tête un grain de muscat chaleureux et doré. Il me tarde de revoir cette gueule très vivante qui n’est qu’à vous ".

Elle l’avait aussi surnommée : "La parfaite, la succulente, la tout femme".

La critique théâtrale des années 30 est unanime. Michel Saint Denis explique pourquoi elle incarne si bien la féminité. Son rayonnement sur scène, elle le doit à sa vie même qui a toujours été ardente. Valentine est du peuple, du sang russe coule dans ses veines, mêlé au sang français, mais sans doute est-ce du peuple qu’elle tient son bon sens, son humilité et sa patience, sa gaieté aussi qui ne la quitte jamais. Tout en elle est simple disait GIRAUDOUX.

Mais le cinéma ?

Au yeux de Valentine, il représente le parent pauvre.

Pourtant, après avoir joué, Madame BOVARY de Jean RENOIR, Pierre Renoir interprétant le rôle de Charles Bovary, elle déclare : "J’ai essayé de faire de l’héroïne que j’incarne, une femme très prés des autres femmes et néanmoins capable de tous les écarts. Je crois que Flaubert n’aura pas été trahi".

C’est pendant les années 20 et 30 que les pressécagniens eurent le loisir de rencontrer Valentine en toute simplicité et d’admirer les aménagements de sa maison.

L’arc de cercle mouluré qui encadrait la porte d’entrée et la salle de bain qui faisait l’admiration de ses invités.

Tout y était vert, murs, sanitaires et éclairages. A l’époque c’était un décor très audacieux.

Le comédien Pierre RENOIR avec lequel elle avait travaillé  Madame BOVARY vint souvent la voir dans sa maison de pressagny.Ils menèrent une vie de couple pendant quelques années.

Pendant la guerre de 1939-1945, alors qu’elle était réfugiée en Angleterre, un officier allemand désirant réquisitionner une maison s’extasie devant la fameuse salle de bain.

Valentine TESSIER eut une fille ALICE , selon l’état civil, elle se nommait Alessa FELSEMBERG. Son père, d'origine juive, critique d'art se faisait appeler Florent Fels.

Alice  était née en Angleterre en 1917.

Au contraire, de sa mère, elle était carrée et portait le cheveu court.

Le mariage d’ ALICE eut lieu à Pressagny l’Orgueilleux. Elle épousa Jacques GOLDWASSER ? Étudiant en médecine, le 8 juillet 1939 à onze heures du matin. A l’époque, la mairie se trouvait face à l’église dans la maison qui fait l’angle des rues Robert Connan et du clos de l’Aître. L’un des témoin du mariage se nommait Paul CEZANNE  ! Ce n’était pas le peintre célèbre, qui était mort depuis 33 ans, mais son fils parisien et sans profession Alice et sa mère l'avaient connu par l'intermédiaire des frères Renoir (Jean et Pierre).

Le maire, Léon GUINEL crut que la mariée était Valentine et s’adressant à elle : Voulez-vous prendre pour époux…. Devant la surprise de l’assistance qui comptait Jean MARAIS et Jean COCTEAU , il comprit son erreur et murmura à l’oreille de Valentine : Excusez-moi Madame, on pourrait s’y tromper, puis se tournant vers la vraie mariée, il ajouta : Je vous souhaite de devenir une aussi illustre actrice que votre mère.

Mais Alice ne devint pas actrice. Engagée en 1944 dans l’armée américaine comme brancardier, puis chauffeur de camion, elle devint lieutenant, participa avec courage à la libération de la France et de l’Allemagne du joug nazi. La suite de sa vie fut bien triste. Le dieu Bacchus l’avait envoûtée. Elle venait souvent à Pressagny, les villageois la trouvaient gentille, elle y retrouvait quelques amis pour partager une bonne bouteille et des cigarettes. Elle divorça le 11 février 1950 et mourut dans une chambre de bonne ou elle vivait seule en 1964.

Sept ans plus, tard, après douze ans d’absence au spectacle Valentine se remit à l’ouvrage. Jean-Claude BRIALY lui offrit le rôle principal de son film EGLANTINE, celui d’une grand-mère malicieuse, pleine d’enthousiasme, qui s’entend mieux avec son petit-fils de douze ans qu’avec le reste de sa famille.

Recommencer une carrière à 79 ans c’est formidable, expliquait-elle, surtout que les emplois de vielles dames ne courent pas les rues, on leur préfère les truands. Jean-Claude BRIALY n’eut qu’à se louer de sa découverte sa présence est miraculeuse se réjouissait-il.

Puis elle quitta son appartement de la rue Saint-James à Neuilly sur seine pour se retirer à LIGUGE prés de Poitiers. Enfin, les dernières années de sa vie se passèrent sur la Cote D'Azur au CANNET dans les Alpes Maritimes.

Quelques mois avant sa mort, de passage à Paris, elle confiait au peintre Christian FREYBURGER :

"Je n’ai jamais eu peur de la mort, la vie n’est qu’un passage. Toute jeune, j’ai eu l’idée de faire bâtir un caveau dans le cimetière de Pressagny l’Orgueilleux. C’est dans ce beau pays normand que j’ai été pleinement heureuse avec l’homme que j’ai adoré, l’éditeur Gaston GALLIMARD. C’est dans ce village qu’il ma offert ma première maison, c’est donc dans ce village, à quelques mètres de lui que je veux dormir toujours".

Après une chute qui lui avait fracturé le bassin, elle décède le 11 août 1981 à 89 ans, à l’Hospital de thalassothérapie de VALLAURIS.

Elle était Commandeur de L'ordre des Arts et des Lettres.

La concession dans le cimetière de pressagny a été acquise le 27 février 1929.

Avec Valentine reposent :

Olga TESSIER, née VON BORNHAUSER - 1854-1940.

Alfred TESSIER –1889-1944.

Charlotte TESSIER, née PAVALLON-1895-1976

Alice TESSIER –1917-1964

C’est la deuxième tombe à droite en entrant par la porte principale.

Remy LEBRUN

 

                                                                                                           

Jacques COPEAU

 

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