SAINT- ADJUTOR

 

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(Il fit construire le prieuré de la Madeleine à Pressagny l'Orgueilleux)

LA VIE DE SAINT ADJUTOR. MYTHES ET REALITES.

 

          Adjutor est né à Vernon vers 1070 sous le règne de Philippe Ier Roi de France.Son père,Jean de Vernon dont l’existence ne nous a été révélée que par l’archevêque de Rouen, Hugues, qui écrivit la vie de saint Adjutor, mourut vers 1094.

          Il laissait de son mariage avec Rosamonde,fille de Guillaume de Blaru et petite-fille de Pierre le fondateur du prieuré de Saint Hilaire, trois fils :Richard, Mathieu et Adjutor.Richard participa à la conquête de l’Angleterre et de ce fait Mathieu et Adjutor recueillirent l’héritage de Guillaume.

          Dès sa plus tendre enfance, Adjutor fit éclater les marques d’une dévotion vive et fervente. Son éducation fut confiée à Bernard, premier abbé de Tyron -au-Perche pour lequel il montra une grande vénération le reste de ses jours. A noter que le procès de canonisation de St Bernard de Tyron est le plus long de l’histoire de la chrétienté:744 ans de 1117 à 1861.

          Depuis l’an 1066 jusqu’à l’an 1086, Jean de Vernon vécut paisiblement dans son comté; mais, en cette dernière année, Philippe Ier, roi de France, profitant de l’éloignement du duc de Normandie, occupé à réprimer des factions en Angleterre, vint assiéger Vernon, qui tomba pour quelques mois en son pouvoir.

          C’est environ vers ce temps que saint Adjutor quitta le monastère de Tyron et revint dans sa famille. Il se fit construire sur la colline que surmonte aujourd’hui le château de la Madeleine, un pavillon qu’il appelait sa maison du Mont. C'est là que, partageant ses jours entre la chasse et la prière, il attendait le moment de consacrer son bras au service de Dieu et de l’Eglise.

          Le comte Jean mourut en 1094. Mathieu son fils aîné, lui succéda. L’année suivante, la première croisade ayant été prêchée, saint Adjutor équipa une compagnie d’environ deux cents hommes et « prenant la livrée de la croix, »partit pour la Palestine.

          A partir de cet endroit du récit, il nous faut quitter la partie plausible à quelques années près,  pour entrer dans la période légendaire de Saint Adjutor dont la renommée n’a jamais dépassé la Normandie.

          La plupart des textes ayant permis d’écrire cette légende se rapportent aux écrits empreints d’une naïve admiration, de Jean Théroude, curé de Vernon en….1640.

          Un jour en sortant de Tambire, petit lieu à l’ouest d’Antioche, il tomba dans une embuscade tendue par quinze cents infidèles. La partie était inégale, aussi ses soldats effrayés l’eussent-ils abandonné si l’ennemi ne leur eut ôté tout moyen de retraite. Saint Adjutor se prosterne humblement à terre, élève son cœur à Dieu et lui demande son aide par l’intercession de Sainte Madeleine. Adressant sa prière à cette sainte, il fit vœu que si par son aide il remportait la victoire, de donner sa maison du Mont et ses dépendances aux moines de Tyron-au-Perche, et qu’il ferait bâtir en son honneur près de ladite maison une chapelle qu’il renterait de ses biens dès qu’il serait de retour au pays.

          A peine avait-il fini cette prière qu’une tempête mêlée de tonnerre et d’éclairs jeta l’épouvante dans les rangs des sarrazins

          Saint Adjutor rallia promptement ses soldats qui se ruèrent sur les ennemis dont plus de mille furent tués sur place.

          Ce combat eut même des témoins cités dans le Manuscrit de la Madeleine: Héliodore de Blaru,Jean de Bréval, Guy de Chaumont, Richard de Harcourt, Odes de Port-mort, Anselme de Chantemesle, Pierre de Courtigny, Henri de Préaux etc…

          Saint Adjutor parcourut la Palestine, combattant et priant. Il alla sur le tombeau du Christ que dit-on il arrosa de ses larmes. Après dix-sept ans de fidèles services, Dieu voulant éprouver sa foi le laissa tomber aux mains des infidèles aux environs de Jérusalem. On l’enferra de lourdes chaînes. Ses geôliers, irrités par son calme et son courage, doublèrent ses chaînes et le plongèrent dans un cul-de-basse-fosse. Il ne cessa pas de prier et d’élever son cœur vers Dieu.

          Une nuit le secours vint d’en haut. Il vit sainte Madeleine à sa droite et saint Bernard à sa gauche qui l’enlevèrent et le transportèrent en une nuit de Jérusalem à sa maison du Mont près de Vernon. Ils lui dirent adieu avec ses paroles « Voici le lieu de ton repos que nous avons choisi ». C’était vers l’an 1129.

          Ce miracle est vérifié par Hugues, archevêque de Rouen, sur les dépositions des témoins cités plus haut, qui ont dit l’avoir vu et avoir mangé avec lui la veille de son enlèvement.

          Reconnaissant de sa délivrance miraculeuse, Saint Adjutor fit appeler l’archevêque de Rouen et Guillaume, deuxième abbé du monastère de Tyron auquel il donna tous ses biens. Puis il fit construire le prieuré de la Madeleine, selon le vœu qu’il avait fait à Tambire, et se livra aux austérités du cloître avec une ardeur que l’archevêque crut devoir modérer.

          Depuis quelques années,Rosamonde de Blaru s’était retirée dans un monastère; en apprenant le retour inespéré de son fils, elle se transporta à la Madeleine. Elle fut témoin du miracle du gouffre.

          Edmond Meyer dans son livre : Histoire de Vernon et de sa châtellénie, rapporte la légende suivante :

« Les habitants de Blaru racontent que Saint Adjutor, transporté dans les bois de la Madeleine en une nuit depuis Jérusalem, appela un jeune pâtre qui gardait un troupeau non loin de là et lui ordonna de se rendre au château de Blaru où se trouvait sa mère pour annoncer à celle-ci le retour de son fils. Ce retour était tellement inespéré que l’on refusa d’y croire et que le pâtre dut revenir sans avoir pu convaincre personne.

          Adjutor lui ordonna de retourner à Blaru et d’y annoncer,pour témoigner de la véracité de son récit,que les trois cloches de l’église allaient sonner d’elles-mêmes: elles se mirent en branle, mais on était trop crédule pour se rendre à ce prodige, on prétendit que des gens avaient été apostés pour faire sonner les cloches et le pâtre revint une seconde fois vers saint Adjutor.

          Celui-ci le renvoya de nouveau « Tu annonceras mon retour dit-il et si l’on y veut pas croire, le coq qui est à la broche dans la cuisine du château, chantera trois fois ».

          Rosamonde de Blaru, convaincue par ce dernier miracle, se rendit à la Madeleine pour y embrasser son fils, mais il était trop tard: Adjutor était mort.

          C’est ainsi que la légende populaire embellissait encore, par de nouvelles fictions les aventures fabuleuses des croisés revenus de Palestine ».

          C’est la spécificité des légendes, saint Adjutor serait rentré miraculeusement en une nuit de Jérusalem(3000 Km) et sa mère Rosamonde aurait mis au moins deux ans pour effectuer le trajet de Blaru à la Madeleine(14 Km).

          Revenons au miracle du gouffre que saint Adjutor fit en Seine en face de sa demeure au lieu-dit les Bouches Manon.

          Il y avait à cet endroit du fleuve un tourbillon qui engloutissait les bateliers ignorants de son existence; leurs barques se trouvaient tout d’abord irrésistiblement attirées par le courant, puis happées corps et biens.

          Un fait semblable s’étant produit depuis son retour, saint Adjutor fut très affligé. Il en fit part à l’archevêque Hugues, le pria de venir célébrer la messe du Saint Esprit dans sa chapelle, puis montant tous deux dans une embarcation, ils se dirigèrent vers le gouffre.

          Arrivés au point où celui-ci commençait à les attirer, Monseigneur Hugues donna sa bénédiction avec de l’eau bénite, puis Adjutor invoquant Sainte Madeleine et Saint Bernard de Tyron, laissa tomber dans les flots ses chaînes rapportées de captivité. Dès cet instant, le tourbillon cessa de se manifester.

          Mr E.Meyer dans son livre cité précédemment attribue cette légende à la reconnaissance du peuple pour quelque travail d’utilité publique exécuté dans le lit du fleuve, par les ordres des seigneurs de Vernon.

          Voici un extrait de l’hymne sur la vie de saint Adjutor, protecteur de la ville de Vernon sur Seine lieu de sa naissance. L'auteur Jean Vaudichon,prêtre de Vernon raconte ainsi cet événement miraculeux :

        Un gouffre en la Seine voisine

  Par ses flots tortueux ruine

     Et les hommes et les bateaux

            Les coulant au fond de ses eaux ;

               Mais Adjuteur longtemps ne souffre

        L’incommodité de ce gouffre ;

      Se sentant touché de douleur,

      Hugues son prélat il appelle ;

Ils vont en même nacelle

       Pour mettre fin à ce malheur.

 

      Sur ces eaux ce prélat insigne

        Fait de la croix le sacré signe ;

  Adjuteur, tout incontinent,

      Pour chasser ce mal éminent,

       Jette en ces ondes inhumaines

    Une portion de ses chaînes :

       Puis élevant au ciel ses mains,

Sa Madeleine il importune

  De faire cesser l’infortune,

       Et calmer ces flots inhumains.

 

  Oyez,lecteur,une merveille

   Qui rarement a sa pareille :

Le péril dès lors a cessé,

         Le bruit des flots s’est apaisé.

               Il n’est point de fleuve où l’on voie

        La course de l’onde plus coie ;

      Le nocher peut mener sa nef

    Assurément par cette place

   Dans une tranquille bonace

      Sans redouter aucun méchef.

          Saint Adjutor sentant peu à peu ses forces décliner fit demander à l’archevêque de Rouen ainsi qu’au Père Abbé de Tyron de venir l’assister dans ses derniers moments. Se rendant à son appel,les deux prélats trouvèrent leur ami à toute extrémité et lui administrèrent le sacrement des agonisants.

          Saint Adjutor s’éteignit dans son ermitage le 30 avril 1131. Sa disparition plongea les habitants de la région dans une grande tristesse. Il fut inhumé dans la chapelle. Les Vernonnais n’oublièrent pas ses bienfaits et ils mirent leur ville sous sa protection. On institua une Confrérie en son honneur et les bateliers se souvenant du miracle qu’il avait fait en Seine le prirent comme patron de leur corporation.

          Rosamonde de Blaru avait pris le voile et s’était également retirée à la Madeleine. Elle fut enterrée près de son fils, dont le renom de sainteté s’était répandu dans les diocèses de Rouen, d’Evreux et de Chartres, où il était honoré sous divers noms: saint Adjuteur, saint Ajoutre, saint Ayoutre ou saint Ustre.

          Dom Baudot dans son dictionnaire d’hagiographie dit qu’on l’invoque contre les incendies, les grêles et les épidémies, mais il n’est jamais question de patronage des marins.

          Dans l’Iconographie de l’art chrétien, il est écrit : « saint Adjutor,prisonnier des sarrasins, s’échappa à la nage,mais fut repris ». Faut-il voir dans ceci la cause de son invocation par les nageurs en danger de noyade, les mariniers de Seine et les captifs ?.

          Cette représentation populaire et quelque peu irrévérencieuse trouvée sur le site internet cité en appendice,prouve la notoriété de St Adjutor outre-atlantique.

          Extraits du livre de Jean Théroude :

          « Je vous laisse à penser les regrets des peuples voisins à la mort de St Adjutor. Ils avaient encore la mémoire toute fraîche des miracles faits en cette sainte chapelle de la Madeleine par les prières de St Adjutor :principalement ces esprits pédants et terrestres, qui comme les pèlerins d’Emmaüs pensent avoir entièrement perdu ce qu’ils ont seulement perdu de vue.

          L’exemple de sa sainteté les aiguillonna puissamment à la dévotion, principalement les bourgeois de Vernon,que Dieu en cet égard gratifia de beaucoup de bonheur.

          La ville était encore petite alors, et commença de s’accroître avec la piété des citoyens. Ce lieu vint à être fréquenté de pèlerins de tous endroits.

          Sa sainteté attirait non seulement les voisins,mais les peuples les plus éloignés. Les saints même du ciel y ont voulu venir en pèlerinage. Les reliques de saint Maxime, évêque de Riez en Provence furent transportées par un nommé Letardus, du lieu où elles étaient pour venir à Vernon faire un séjour, et y établir leur demeure.

          On vit en peu de temps élever dans les environs,quantité d’églises et chapelles.

          Le vénérable Richard quitta le village de Tilly dont il était seigneur et curé pour habiter la solitude et, à l’imitation de saint Adjutor,fit élever près du bois de Vernon,un très beau monastère appelé Sauceuse où était avant un oratoire. Il y amena les chanoines réguliers qu’il avait institués.

          Guillaume, neveu de saint Adjutor,fonda le collège des chanoines de Vernon.

          La maison seigneuriale de Vernon fut donnée avec de grands biens aux moines de Cernay par Richard de Vernon fils de Guillaume.

          L’abbaye des templiers qui depuis a été rasée, fut bâtie près de notre ville par les Princes de Vernon, comme pareillement en divers lieux, plusieurs abbayes et prieurés qui témoignent de la dévotion de ce temps-là.

          On ne peut passer sous silence les miracles post-mortem attribués à Saint Adjutor. Théroude rapporte le récit d’une expédition lointaine « au-delà de la Prusse,» dans laquelle les chevaliers normands invoquèrent dans une bataille, la protection de sainte Madeleine et de saint Adjutor, et remportèrent la victoire. Nous ne relatons ce récit que parce qu’il s’agit sans doute là d’une des nombreuses expéditions aventureuses entreprises si souvent, au moyen âge, par la noblesse, et surtout parce que nous y voyons figurer un Richard de Vernon.

         Guillaume de Flandre, Robert de Bar,Pierre de Clermont, Anselme de la Roche-Guyon, Dreux d’Ivri, Guillaume de Bacqueville, Pierre de Blaru, André de Garancières, Simon de Sacquenville, et nombre d’autres chevaliers normands affirmèrent devant Eudes, 58ième archevêque de Rouen, la véracité de ce fait.

          Théroude ajoute qu’ils ne se contentèrent pas de rendre leurs vœux à la chapelle de la Madeleine

          « comme ils s’estoient obligez. Mais voyant qu’il n’y avoit pas assez de revenus pour l’entretien du divin service, ils y aumosnèrent largement de leurs biens. »

          Après la mort de saint Adjutor, les moines de Tiron remirent le quart de la forêt à Mathieu de Vernon, qui leur accorda en échange de nombreux privilèges par une charte datée d’avril 1132, dans laquelle il prenait le titre de seigneur de Vernon et de Tourni, et que souscrivirent Guiscard de Bacqueville, Eudes et André de Portmort, Eudes de Pressagni, Robert de Blaru, etc…

          Il mentionne,dans cet acte important,les nombreuses redevances seigneuriales dont les religieux seront exemptés à l’avenir : « des péages,des travaux, des entrées des portes, de ce que l’on doit pour passer sur les ponts, des corvées, des tailles, du mesurage, des droits des marchés, de ce que l’on doit pour vendre vin, des étalages des places publiques, de ce que l’on doit aux exécuteurs de la justice, des droits de pressoir, des moulins, des fours et toute autre sorte de redevance, des réparations des fours,des ponts, des chemins, des villes, châteaux et de leur garde, des guets de nuit,etc… »Cette énumération indique bien toutes les charges qui grevaient la société de cette époque.

Un aveugle illuminé.

         Un sergent nommé Richard se plaignit devant l’Official du lieu des méfaits d’un chevalier du diocèse. Le chevalier irrité contre lui lui creva les yeux à coups de couteau. Le pauvre homme privé de vue resta bien un an en cet état.

          Il entendit parler des miracles qui se faisaient dans la chapelle où repose le corps de St Adjutor. Il y alla, fit ses prières, et une nuit comme il dormait sur la tombe du Saint homme, les deux Saints vinrent à lui.

          Saint Adjutor présentait de l’huile à Sainte Madeleine. Elle en prenait et frottait les yeux de l’aveugle. Au moyen de quoi la vue lui fut rendue.

La ville de Vernon fait vœu d’un pèlerinage annuel au tombeau de Saint Adjutor.

          La ville de Vernon était souvent affligée d’eaux, de grêle, de foudres et tempêtes qui faisaient en ce lieu d’étranges ravages.

          Un jour,tous ces ruineux accidents arrivèrent en même temps avec un tel excès qu’il n’y avait aucun lieu de refuge. Plusieurs personnes furent tuées sur place, de nombreuses maisons furent ruinées par le feu d’autres abattues par la violence de l’orage et de la grêle pierreuse.

          Dans cette confusion commune,un bourgeois nommé Albert,homme de bien et craignant Dieu,invita ses concitoyens à se rendre en procession à la chapelle de sainte Madeleine,requérir son aide et celle de saint Adjutor.

          A ces paroles d’Albert toute la ville fut assemblée. On alla en procession à la chapelle,sauf dix hommes qui se moquèrent de cette dévotion.

          Quand ils furent arrivés en la chapelle,ils chantèrent des louanges à Dieu,sainte Madeleine et saint Adjutor,et firent vœu de venir tous les ans en procession pour la délivrance de la ville. Ils retournèrent sains et saufs en leurs maisons et depuis n’ont jamais été battus de semblables orages.

          Mais pendant que Dieu donne aux uns,il retire souvent ses grâces des autres qui s’en rendent indignes ;les dix hommes qui s’étaient moqués de cette dévotion furent tués et leurs maisons ruinées.

           Guarin, évêque d’Evreux rend témoignage de ce miracle et ajoute que sainte Rosemonde fut invoquée; et de plus ,que les habitants de Pacy, Gaillon, Etrepagny et autres lieux des environs firent de même.

Vernon sur Seine délivrée de ses ennemis.

          Un autre temps la ville de Vernon fut assiégée ;les ennemis lancèrent sur la ville des feux grégeois pour la brûler. Les bourgeois eurent recours à la protection de sainte Madeleine et saint Adjutor. Leur prières furent entendues. Les feux que les ennemis lançaient furent divinement repoussés contre eux-mêmes,brûlèrent leurs pavillons et autres biens et les mirent en déroute.

Diverses guérisons merveilleuses.

         Jean de Tourny travaillé de la goutte aux pieds,fut guéri en la chapelle de sainte Madeleine.

      Une aveugle toute contrefaite nommée Isembergue de Pormor y recouvra la vue et naturelle disposition de son corps.

          Guy de Baqueuille y fut guéri de son hydropisie

          Jean d’Andely tout contrefait ,fut remis en sa posture naturelle.

          André de Tourny,sourd de naissance retrouva la faculté d’entendre.

          Courrard,bourgeois de Vernon,paralytique de neuf ans fut guéri en neuf jours.

          Mathilde des faubourgs de Vernon,possédée du démon pendant trois ans, fut conduite à la chapelle par sa mère et délivrée par sainte Madeleine.

          Le chevalier Aribert de Courtigny,pris subitement d’un mal de reins qui l’empêchait d’aller tant de pied que de cheval,y fut pareillement guéri.

Autres miracles faits en la Chapelle du Prieuré bâti par saint Adjutor, sous le nom de sainte Madeleine.

Un muet y reçoit la langue et la parole.

          Un avocat de Rouen nommé Hubert était estimé un homme de bien. Un chevalier,contre qui il plaida pour un bourgeois de Rouen, irrité contre lui, le fit prendre et lui fit couper la langue; voilà son gagne-pain perduet réduit à mendier. Après un long temps,on lui conseilla d’aller en pèlerinage à la chapelle de sainte Madeleine.

          Il y alla,et y demeura neuf jours et neuf nuits en prière et larmes continuelles. La dernière nuit,sainte Madeleine lui apparut comme en dormant,qui tirant le petit bout de langue qui lui était resté,lui en refit une entière et par ce moyen la parole lui fut rendue. A condition que désormais il ne plaiderait, ni conseillerait jamais contre l’Eglise, ni contre l’Innocent et qu’il ne recevrait des pauvres aucun profit de son conseil.

     Plusieurs femmes stériles deviennent fécondes en visitant la Chapelle.

          Anselme de la Roche-Guion,et Hauria sa femme, ayant perdu un fils fort jeune, qu’ils avaient eu dès les premières années de leur mariage, demeurèrent vingt-trois ans en stérilité. Ils prirent la résolution de visiter tous les mois la Chapelle et de prier sainte Madeleine d’intercéder auprès de Dieu pour qu’ils obtiennent des enfants. Enfin la sainte leur apparut et leur promit lignée; ils eurent trois enfants successivement.

          Le même miracle fut fait à Andrieu d’Yury,à Guichard de Sacquanville, à Raoul des Alez,bourgeois de Vernon, à Pierre d’Orgeval, bourgeois de Louviers et à plusieurs autres dont le Duc de Bavière.

Conclusion.

          La légende de saint Adjutor fait partie des légendes religieuses, particulièrement nombreuses au temps des croisades.

          Ces textes ont deux points communs :

          Le premier point,c’est qu’ils ont tous étaient mis par écrit après un temps plus ou moins long de transmission orale. L'auteur, Jean Théroude, prêtre de l’église de Vernon les a réunis dans une langue accessible à tous avec souvent des annotations savantes en latin.

          Le deuxième point de leurs caractéristiques est que, religieux ou profanes, légendaires ou d’inspiration historique, ce sont tous des récits.

          C’est un merveilleux récit,mais en réalité nous sommes sûrs de trois choses comme l’a écrit monsieur Anne Albert (historien du Mantois) : « …retenons seulement qu’Adjutor a existé, alla aux croisades, en revint et donna ses biens à Tiron ».

Appendice.

          -La vie de saint Adjutor par Théroude Jean prêtre à Vernon. Livre publié en 1638.

          -Histoire de Vernon par Meyer Edmond. Livre publié en 1874.

          -Ecrits de Théodore Michel publiés en 1851.

          -Notes et archives de monsieur Lebrun Rémy(antiquaire à Pressagny l’Orgueilleux).

          -http://www.saintcards.com

          -Médiathèque municipale de Vernon.

R.G. 2002.Pressagny l'Orgueilleux

 

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ST Marie Madeleine Le Comte de Tilly