OLGA

 

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V.gérard

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OLGA BLANPIN

 

    C’est un nom qui résonne à nos oreilles, le nom d’une vieille dame de chez nous.

 

                Petite, voûtée, main calleuse, chignon haut perché, sa silhouette était familière aux gens du village. En l’approchant, on était séduit par sa douceur et la gentillesse de ses propos.

 

          Née le 7 Août 1903 à Saint Lucien, petite commune du côté d’Argueil, dans le pays de Bray, elle avait vécu une enfance difficile. Elle se plaisait à nous rappeler les conditions de vie de sa jeunesse où pour survivre elle devait se nourrir de racines sauvages.

 

          Placée très jeune chez un patron non loin de son lieu de naissance, elle travailla dur et mit au monde un enfant.

 

Elle se retrouva ensuite placée à Bouafles où elle donna naissance à un deuxième enfant, qui serait décédé en 1993.

       

          Enfin, vers 1950, la famille GUYOMARD l’embaucha pour s’occuper des animaux dans la ferme de la rue de la Marette.

Au cours des années 60, je me souviens que malgré la perte de ses dents, elle parvenait à parler en prononçant les syllabes correctement. Bonjour Madame nous disait-elle à chaque rencontre en insistant sur le « dame » qu’elle se plaisait à faire durer.

 

          Olga aimait rire, alors que sa vue baissait elle reconnaissait avec peine nos enfants qui portaient tous les cheveux longs, garçon comme filles. Elle se trompait souvent en disant « bonjour ma petite fille » à notre fils, puis quand elle rencontrait une de nos filles : « ha, cette fois je ne me trompe pas, bonjour mon p’tit gars ». Lorsqu’elle prenait conscience de son erreur elle éclatait de rire en disant : « Faut pas m ‘en vouloir, j’vois pas bien. »

 

           C’était une femme de cœur, jamais elle n’oubliait les anniversaires des enfants et petits enfants de ses patrons.

 

            Souvent elle descendait la rue de la Marette en poussant une grande brouette tellement chargée d’herbe coupée qu’elle disparaissait complètement derrière cette meule mouvantes. On la voyait aussi passer en poussant le troupeau de vaches et de chèvres.

 

             Au cours des années 80 sa vue baissa encore et elle devint complètement aveugle. Madame GUYOMARD lui permettait d’aller de la petite cuisine dans la cour, jusqu'à la maison où elle prenait ses repas avec la patronne. Son univers s’était réduit à deux pièces et à sa chambre qu’elle gagnait en suivant les murs à tâtons.

 

             En 1991, elle fut hospitalisée à Vernon, puis, après le décès de Madame GUYOMARD le 10 Novembre 1991, elle fut transférée à Bernay, à la maison de retraite des MONTS.

 

             Durant son séjour, elle fut opérée de la cataracte et recouvra en partie la vue. Elle pouvait à nouveau jouir de la télévision et de la nature qu’elle apercevait de sa chambre.

              Elle semblait heureuse des visites qui se faisaient rares en raison de l’éloignement.

 

Pendant ses années actives à Pressagny, ses patrons avaient géré ses économies, elle avait acquis une retraite et s’était fait creuser un caveau dans la concession achetée dans notre cimetière.

 

             Après cinq ans d’absence son corps revient à Pressagny l’Orgueilleux pour son dernier voyage. Nous lui disons " Adieu Olga, reposez en paix au milieu des Pressécagniens qui sans doute ont été vos plus proches relations durant cette longue vie."

 

 

Discours prononcé lors de son inhumation dans le cimetière de Pressagny l’Ogueilleux le 3 Mars 1997.

 

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Rémy Lebrun