LES CONFRERIES

 

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V.gérard

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CNIL n°789608

 


LES CONFRERIES


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Avant de s'attacher à notre village, il me paraît utile d'expliquer ce qu'est une charité.


L'exposé magistral de Madame Catherine Verschoote, membre de la Société des Antiquaires de Normandie, au cours d'une soirée organisée par "Le Cercle d'Étude Vernonnais" le 25 mars 1999 me permet de m'y essayer.
Nous n'avons aucun document qui remonte au-delà du 15ème siècle mais on peut penser, et certaines confréries l'affirment, que ces associations fraternelles remontent au début du 11ème siècle.
Elles sont en général composées de 12 à 15 frères qui élisent le prévôt qui se charge de l'ordre et l'échevin, responsable des comptes. Ils sont élus pour un an. Souvent le prévôt devient échevin et l'échevin devient l'antique ou roi.
Trois ordres participent à la vie de la confrérie :
Les associés qui viennent d'autres paroisses et payent une redevance annuelle. Ils bénéficient pour eux et leurs familles des services que fournit la charité.
Les rémunérés : Le clerc, vêtu d'un surplis, il aide le prêtre et tient les registres.
Les Chapelains, prêtres qui disent des messes pour les défunts dans la chapelle affectée à la confrérie.
Le tintenellier ou cliqueteur qui sonne les clochettes (tintenelles) et crie les trépassés, pour informer le peuple des décès. Il crie aussi des Pater Noster (cri des patenôtres). Comme il marche beaucoup, la confrérie lui offre des souliers neufs.
Les servants ou serviteurs qui prêtent serment en public, de garder les statuts, d'augmenter les biens et de se soumettre aux règlements de la charité.
Après l'élection, lors du passage de responsabilités, l'ancien échevin embrassait sur la bouche son remplaçant.
Le curé était président de plein droit de la charité.
Dans l'église les bancs de la charité étaient installés, l'un pour le prévôt, l'autre pour l'échevin avec des emplacements pour le porte bannière et pour le porte croix.
Au sein de la communauté, les femmes étaient admises, on les appelait "sœurs", elles cousaient les linceuls, faisaient la toilette des morts et préparaient les agapes.
Les biens . Chaque frère possédait un chaperon, sorte d'étole plus ou moins décorée qu'il portait sur l'épaule gauche, il se couvrait le chef d'une barrette. Parfois il portait aussi une soutanelle pour se protéger du froid. Il devait porter des souliers; les sabots et bottes étaient proscrits. Que ce soit sous l'ancien régime ou au 19ème siècle, ces vêtements étaient richement ornés de broderies au fil d'or et d'argent. Sur le chaperon figurait, dans un cercle, le saint patron de la charité.
Pour l'apparat, les charitons défilaient avec des bannières à franges d'or où était inscrit le nom de la charité. Ils possédaient aussi une croix de procession en métal argenté, parfois même en argent, des porte cierges en bois tourné, des bâtons avec une sculpture dorée ou peinte représentant un saint patron encadré de palmes soutenant un dais. On peut en observer dans de nombreuses églises où elles ont été déposées après la dissolution des confréries.
Tout ce matériel était entreposé dans la chambre de la charité, local spécialement affecté à cet usage. Un coffre à trois serrures, doublé de plomb en temps de guerre, servait à ranger les registres. Des fentes dans le couvercle permettaient d'y glisser des pièces de monnaie.
Les artisans du village entretenaient tout ce matériel, y compris                            le char (ou corbillard).
Les frères possédaient aussi des petites croix contenant des reliques, elles étaient en métal.




Les Assemblées . Elles se tenaient chaque semaine, on y tenait chapitre (comme dans les monastères), on y réglait les problèmes internes, les remplacements. Tout était consigné sur le registre des délibérations.
Les agapes . Elles avaient lieu lors de la fête du saint patron de la confrérie. Les débordements y étaient stigmatisés par dénonciation à l'évêque. Pour éviter les abus, ce dernier limitait la durée de ces réjouissances où les pauvres étaient invités.

 

Les frères de la Charité St Martin devant l'église de Pressagny l'Orgueilleux partent en procession. ( Carte postale photo.)

On a beaucoup médit sur les abus au cours de ces fêtes ; en fait les frères étaient gais mais rarement ivres.
Les obligations .

 1) Les frères faisaient serment de servir quoi qu'il en coûte au service des malades, mourants et morts. Les situations étaient héroïques lors des grandes épidémies où toute la population fuyait, laissant les seuls charitons face à leurs devoirs. Beaucoup en mouraient, atteints par le mal qu'ils côtoyaient. S'ils n'avaient pas respecté leurs vœux, qui aurait enterré les morts qui dispersaient la contagion ?

Le Parlement rendait hommage à ces hommes pour leur courage.
2) Obligation de "comparante". Ils devaient être présents à chaque office : Messe, Vêpres, Complies, y compris pendant les gros travaux, moissons, vendanges etc...
3) Obligation de prier, de se confesser, de communier au moins une fois l'an, aimer son prochain, être de bonne vie et mœurs sinon ils étaient semoncés, payaient des amendes ou même étaient exclus.
4) Obligation "Matuelle." Cela consistait à faire disparaître la mendicité par des secours à domicile, des distributions de pain, des aides aux "exoines de leur corps" (infirmes et handicapés), des dons pour doter les filles pauvres afin qu'elles puissent se marier. Les femmes pauvres en gésine, prêtes à accoucher recevaient des linges pour emmailloter leur bébé. Lors des calamités : incendies, grêle, récoltes perdues, faits de guerre, les victimes étaient aidées.
5) Obligation de visite des malades et d'accompagner le prêtre lorsqu'il portait les derniers sacrements.
6) Obligation d'accompagner les pèlerins de passage qui se rendaient à Rome ou Compostelle.
L'inhumation.
1) La famille informait le crieur pour qu'il annonce le décès.
2) Le clerc sonnait la cloche de l'église à un rythme différent selon qu'il s'agissait d'un défunt homme, femme ou enfant.
3) Le crieur prévenait les frères qui se rendaient à la chambre de charité pour revêtir les ornements puis se rendre au domicile du défunt. Il fallait faire vite...
4) Le corps était convoyé par les chemins ou les rues avec bannière, croix et décorum.
5) Dans l'église, il fallait éclairer la cérémonie avec des luminaires (les cierges coûtaient cher). Les bienfaiteurs étaient privilégiés par une plus grande quantité de cierges.
6) Les frères devaient être présents en esprit (ils ne devaient pas s'assoupir).
7) Dans le cimetière, le crieur avait creusé la fosse et déposé les pelles en croix ; le cortège s'y rendait pour la mise en terre.
8) Les frères procédaient à une distribution d'aumônes, en général du pain, près de la fosse tombale puis après toutes ces obligations, ils se soulageaient sur le mur du cimetière. On le leur reprochait, mais les cérémonies étaient longues et les lois de la nature sont exigeantes...
9) Les charitons accompagnaient la famille du défunt à son domicile ; ils étaient remerciés par des rafraîchissements sans alcool.
Lors des épidémies, quand la charge était trop lourde, ils avaient le droit de s'adjoindre des aides ; en cas d'épuisement, ils pouvaient rentrer chez eux, à condition d'y prier.
La Révolution porte un coup terrible aux charités, elles sont interdites par un décret de l'assemblée législative du 18 août 1792. Tous leurs biens sont confisqués. Le Concordat rétablit tous leurs droits et elles reprennent leurs activités comme s'il ne s'était rien passé.
Sous Louis Philippe, Monseigneur Olivier évêque d'Évreux doit remettre de l'ordre dans les confréries qui dérivent, ne suivent plus la règle et s'opposent ouvertement au clergé. La lutte sera longue mais le prélat parviendra à ses fins.
Les membres des confréries étaient souvent de riches notables qui n'hésitaient pas à mettre la main au porte-monnaie, c'était un moyen de limiter la pauvreté, les riches voyaient de leurs propres yeux la misère. S'ils respectaient les exigences de l'Évangile : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même", ils ne pouvaient faire autrement que de partager.
Aujourd'hui, on a peut-être besoin de recréer ce contact direct entre riches et pauvres, les confréries de charité répondraient-elles encore à ce but ?
La Normandie est la seule province à avoir conservé autant de charités. Le département de l'Eure est une exception par le nombre important de ses confréries qui vivent encore aujourd'hui, surtout dans la région de Bernay.
Quittons maintenant l'exposé de Madame Verschoote pour étudier ce qui touche de près notre Commune
A Notre Dame de l'Isle, la Confrérie de Saint Jean-Baptiste a été fondée en 1730. Le lendemain de la fête de ce saint patron, une procession se rendait de l'église de l'Isle au prieuré de La Madeleine de Pressagny. Passait-elle par la route des Andelys ou par la route du Val ?
Dans le canton d'Ecos, toutes les communes possédaient leurs confréries jusqu'au début de ce siècle. Aujourd'hui seule la commune de Berthenonville a fait renaître la sienne. Mézières en Vexin envisage, elle aussi, de procéder à une reconstitution de sa charité.
En ce qui concerne notre commune, un registre de la confrérie Saint Antoine de Pressagny l'Orgueilleux est conservé aux archives de la ville de Vernon. Ouvert en 1785 sous la responsabilité de Pierre Palmentier, roi de la dite confrérie et traduite par Joachim Morelle, Maître d'école de la Paroisse de Pressagny l'Orgueilleux.
Ce registre retrace la vie de ce saint qui, né à Côme en Égypte au 3ème siècle de notre ère, fit l'admiration de ses contemporains par sa rigueur à appliquer une vie chrétienne faite de partage et d'abstinence. Il est aussi célèbre pour avoir dominé les tentations par lesquelles le Malin essayait de le rendre impur et de lui faire peur par toutes sortes d'apparitions monstrueuses. Voir l'œuvre de Flaubert : "La Tentation de St Antoine".

Noms des plus anciens frères:
Louis Marie
Louis Postel
Guillaume Philipes
Pierre d'Orléans, mort en 1778.
Michel Varin
Jean Bultel
Etienne Briard
Antoine le Tellier
Mathieu Marie
Pierre Hebert
Jean Martin Bourdon, mort en 1772
Louis Jacques Benard
Noms des frères qui doivent passer Roy,
Jean Marc en 1786                         Tintenelle de la confrérie de ST Antoine de Pressagny l'Orgueilleux
Louis Benard en 1787                               Les fleurs de lys ont été grattées pendant la révolution.
Jean Jacques Bernard en 1788         (photos B.Marsan)
Jacques Le Mercier en 1789
Pierre Cabot en 1790
Louis Charles Pâlé en 1791
Pierre Vicomte en 1792
Michel Benat en 1793
Antoine Renault en 1794
Pierre Louis Benard en 1795  
Pierre Palmentier en 1796 

Depuis le 17 janvier 1794 jusqu'au 17 janvier 1801, la confrérie n'a pas tenu d'assemblée, ses activités ayant été interrompues pendant cet intervalle par la Révolution et ce 17 janvier 1801, fête du bienheureux St Antoine, Pierre Louis Benard a passé Roi de la confrairie et s'est bien acquitté de son devoir envers Dieu et de la manière la plus gracieuse envers ses frères.
De 1801 à 1806, le curé, Madelain est le rédacteur des comptes-rendus.
Pierre Parmentier1802 (On ne roule plus les "r")
Jean Marc1803
Jacques Benard1804
Jean Benard1805
Jacques Bourdon1806
Le dit jour de St Antoine 1806, a été arrêté à l'unanimité parmi les frères que quiconque de leur société manquerait au devoir Pascal, serait exclu de la société.
Madelin P.D.
1807 (c'est une autre main qui rédige) Jean Jacques Le Mercier roi.
1808 Jacques Cabot est roi.
1809 Michel Benard est roi
1810 François Renaux
1811 Jean jacques Benard
1812 Jacques Bourdon
Dans le courant de l'an douze, l'on a payé le pain dix sols la livre et encore ne pouvait-on pas en avoir.
1813 Jacques Lemercier.
1814 Jacques Cabot
1815 Michel Benard
1816 François Renaux Jounard desservant
1817 Jean Jacques Benard
1818 Jean Jacques Lemercier
1819 Jean Jacques Cabot
1820 Michel Benard
1821 Jean Jacques Benard
1822 Jean Jacques Lemercier
Le bâton du bienheureux Saint Antoine a resté au frère dernier mourant qui fut Jacques Le Mercier, mort en 1831. La confrérie fut abolie en 1822 faute de frère. De son existence, il fit dire une messe tous les ans le 17 janvier, jour auquel les dits frères fêtaient le bienheureux Saint. Depuis 1822 jusqu'au jour de son décès.
Reconstitution d'une Charité (document conservé dans une collection privée)
L'an 1896, le dimanche 12 janvier a été convoqué une assemblée générale de tous les frères composant la Charité de Saint Martin de Pressagny l'Orgueilleux, lesquels se sont réunis à la Mairie en nombre suffisant pour délibérer et ont arrêté ce qui suit, tendant à la modification du règlement.


Chapitre 1er : Formation.
Article 1er Tout chef de famille, habitant la Commune, qui désirera profiter du privilège de l'inhumation gratuite pour lui, sa femme et ses enfants, sera tenu d'accepter et de signer le présent règlement et de servir jusqu'à l'âge de 60 ans.
Article 2. Le service est exigible de tout sociétaire, à compter de l'année qui suivra son mariage et de tout célibataire à partir de l'âge de 25 ans.
Article 3. Tout étranger, aussitôt son arrivée dans la Commune qui désirera faire partie de la Charité, sera tenu
d'accepter le présent règlement. A partir de l'âge de 45 ans, il devra faire de suite 4 années de service.
Article 4. Toute personne qui refusera le service et qui désirera se faire inhumer par la Charité devra payer une somme de 50 francs pour chaque membre de sa famille sauf les exceptions ci-après, savoir :
1) A partir de la naissance jusqu'à l'âge de 5 ans, on devra payer une somme de 10 francs.
2) A partir de 5 ans jusqu'à l'âge de 12 ans, on devra payer une somme de 25 francs.
Article5. Le Prévôt devra toujours se faire payer avant que de convoquer les frères. Dans le cas où il ne l'aurait pas fait, il est responsable de la somme envers la Charité.
Article 6. Il sera remis à chaque frère qui aura assisté aux inhumations prévues par l'article 4 ci-dessus, une redistribution de 2 francs.
Article 7. Il sera perçu pour chaque inhumation, une somme d'un franc cinquante centimes pour rétribution au Frère Servant, pour convoquer les Frères ; il devra aussi, une demi-heure avant la levée du corps, porter le drap, la Croix et les chandeliers au domicile mortuaire, sous peine d'une amende d'un franc.
Article 8. Les parents des Frères en activité de service ou ayant fait leur service, seront inhumés par la Charité, moyennant une rétribution de 10 francs qui sera versée dans la caisse.
Article 9. Tout homme qui ne pourra faire son service personnellement, est autorisé à se faire remplacer, à condition que son remplaçant soit âgé de 18 ans au moins et de 60 ans au plus.
Article 10.
Article 11. Tous les frères, hors de service, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, seront inhumés par la Charité, comme par le passé.
.
Article 12. Les sapeurs- pompiers ne seront pas tenus à se faire remplacer à la Charité pour assister à l'inhumation  d'un de leurs camarades ou d'un membre honoraire de la Cie ; le service sera alors fait par les deux sociétés.
Chapitre 2 : Service.
Article 1. Le nombre de frères pour faire le service est fixé à treize.
Article 2.
Article 3. Pour l'inhumation d'un enfant de cinq ans jusqu'à l'âge de douze ans, il sera commande six frères ; le Roi ou le Prévôt et le frère servant devront y assister.
Article 4. La désignation des Frères pour l'inhumation des enfants se fera en suivant l'ordre d'inscription du tableau.
Article 5. Une quête sera faîte aux inhumations, par le Prévôt et les jours de fêtes, par le Roi ; le produit en sera versé dans le tronc de la Charité.
Service d'Obligation.
Le 20 janvier. St Sébastien.
Les deux dimanches du St Sacrement.
Le jour de la Toussaint.
Le jour de Noël.
La Première Communion.
La Confirmation.
Service de Dévotion.
Les Rameaux.
Le Jour de Pâques.
L'Ascension.
L'Assomption.
Chapitre 3. Empêchements.
Les seules causes légitimes d'empêchement sont :
1) Les maladies légalement constatées.
2) On ne sera pas tenu à se faire remplacer pour l'inhumation d'un membre de sa famille ; tels que ses père et mère, frère et sœur, oncle et tante.
3) On devra toujours en prévenir le Prévôt.
Chapitre 4 Amendes.
Article 1er. Chaque Frère manquant à une messe d'obligation paiera une amende de cinquante centimes ; celui qui ne sera pas arrivé pour l'Évangile, paiera une amende de vingt cinq centimes.
Article 2. Chaque Frère manquant aux vêpres, paiera une amende de vingt cinq centimes.
Article 3. Chaque Frère manquant à un service d'inhumation, paiera une amende de deux francs ; celui qui ne sera pas présent à la levée du corps, paiera une amende de cinquante centimes.
Article 4. Le Prévôt devra toujours faire convoquer les Frères, une demi-heure avant l'heure fixée pour la levée du corps.
Article 5. Tout Frère qui se présentera avec sa chaussure ou des habits malpropres ou sans être rasé, paiera une amende de vingt cinq centimes.
Article 6. Tout Frère qui se présentera en état d'ivresse ou qui tiendra une conduite qui porterait atteinte au respect de la société, paiera une amende de cinquante centimes.
Article 7. Tout Frère qui refusera de payer ses amendes, sera rayé de la liste de la Charité ; par conséquent, il n'aura plus droit à l'inhumation gratuite, ainsi que sa femme et ses enfants.
Article 8. Les amendes seront payées au Prévôt, chaque année, le jour de Noël : le produit des amendes sera dépensé selon le vœu de la majorité des Frères.
Article 9. Le Roi et le Prévôt devront tous les ans, le jour de Noël, procéder au remplacement des Frères sortants.
Article 10. Le 31 décembre de chaque année, le Prévôt devra convoquer la Charité, soit à l'Église ou ailleurs pour procéder à la nomination du Roi, du Prévôt et du Frère servant ; il devra rendre compte de sa gestion de l'année et faire vérifier ses comptes par le Maire.
Article 11. La Charité ne s'occupera plus de fournir un chantre pour les inhumations.
Article 12. A la messe de St Sébastien, un pain béni sera offert et payé par tous les Frères en activité de service.
Article 13. Il sera payé sur les ressources de la caisse au sonneur et au chantre, chacun trois francs, pour leurs honoraires de St Sébastien.
Article 14. Pour le banquet de St Sébastien, il ne sera pris sur la caisse que pour le repas du Frère servant et des petits clercs.
Article 15 Il sera pris chaque année, sur les ressources de la caisse, une somme de quinze francs, pour les honoraires de Monsieur le curé.
Article 16. Tous les Frères devront obéissance au Roi et au Prévôt, pour tout ce qui concerne le service qui sera continué comme par le passé.
Article 17. Tout chef qui viendrait à contrevenir au présent Règlement sera responsable de la non-exécution.
Article 18. Toute affaire non prévue par le présent Règlement sera du ressort de la majorité des Frères en activité.
Article 19. Le présent Règlement, soumis à l'approbation de tous les membres composant la Charité, annule l'ancien.
Ainsi fait et signé, après lecture faite, à Pressagny l'Orgueilleux, le 12 janvier 1896.
Les membres de la Commission.
On peut lire les signatures de :
Les Membres de la Commission :
Noé Lehec, I.Lemercier, A.Levreux, L.Vivien, D.Lemercier,
Les membres de la Charité :
Letellier Gabriel, Charles Delaisement, Godard, Dine Adolphe, Mel Lefebvre, Benard Laurent, Lorailler, E. Doré,
Eugène Allais, Thorel, Connan, Marcel, E.Benard, Varin, Léon ? Allois Jules, Chaumont René, E. Letellier, Olivier
Letellier, Perrineau, O.Parmentier, Craipon, Alphonse, Rémy Lemaitre, Chaumont Benjamin, Albert Louis, A.Varin,
Patin Léonard, Alphonse Letellier, Régnier Léon.

Suivent les comptes de la fraternité et les modifications du règlement. En 1919 l'âge du service est prolongé de 60 à 65 ans et les tarifs des inhumations subissent une forte inflation.
Parmi les frères, de nombreux noms restent encore dans la mémoire des plus anciens des pressécagniens :
Herpin Wenceslas. Il tenait le café aujourd'hui nommé l'Estaminet. Il était aussi cordonnier.
Thorel Gustave.Son nom est encore vivant aujourd'hui au village.
Debord Jean.Il exploitait le café de La Marette dans la maison occupée par le magasin d'antiquités.
Lemercier Julien.Etait agriculteur dans la ferme occupée aujourd'hui par Monsieur et Madame Mainguy
Varin Louis. Père de Germaine Etienne. Son épouse Victorine était surnommée Vitaline.
Lehec Ernest.Fils d'un ancien maire de Pressagny.
D'Orléans Arthur. Surnommé Tutur. Un de ses ancêtre a été maire de Pressagny.
Benard Louis,Conseiller municipal jusqu'en 1971, sa famille habite toujours à Pressagny.
Dine Adolphe. Le dernier des passeurs. Sa fille Suzanne a épousé Charles Leguay, leurs descendants
sont bien connus des pressécagniens.
La fraternité s'est éteinte en 1928, les chaperons et bannières ont été perdus avec la destruction de l'église en 1944, le corbillard a servi jusque dans les années 70. Depuis, il reste sagement dans son petit local sur la place de l'église. Devra t'il servir encore ? Trouvera t'il une place dans un musée ? Ce serait peut être la plus belle fin pour ce char à bras qui a transporté tant de pressécagniens pour leur ultime voyage.
Rémy Lebrun
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Char ou corbillard de la confrérie de St Martin de Pressagny l'Orgueilleux ( Photo : B. Marsan.)

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