LE BOSCO

 

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V.gérard

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ROBERT CAUCHOIS

Dit : LE BOSCO.

    Au cours des années 60, chaque matin, le béret bien enfoncé sur la tête, il sortait de la ferme avec son « pouf pouf », un tracteur semi- diesel qui lançait vers le ciel des ronds de fumée bleue. Les rues vibraient au passage de ce bruyant moteur à explosion qui se dirigeait vers les champs. Robert dit « le Bosco » (parce qu’il était bossu) tassé sur le siége de son monstre de tôle vert faisait avec son engin une paire indissociable.

     Originaire de la vallée de l’Andelle, il avait vécu dans sa famille au petit Nogeon, hameau de Fleury sur Andelle  avant de venir travailler dans la plus grosse ferme de Pressagny.

     Petit, râblé, nerveux, bourru, un visage au regard perçant et au rictus inquiétant, il était le modèle de personnage imaginé par Victor Hugo pour Quasimodo dans son roman « Notre Dame de Paris ».

    Il travaillait dur toutes la journée comme chauffeur et ouvrier à toutes mains.

Une fois par semaine, avec Gilbert son compagnon de travail il effectuait le service de ramassage des ordure ménagères.

    Toujours vêtu d’un blouson et chaussé de bottes de caoutchouc, il ne prenait guère soin de sa personne.

Souvent ses soirées se passaient au café. Doué d’une jolie voix il y chantait volontiers pour peu qu’on l’y invite. Il s’y appliquait lors de mariages ou autres fêtes heureuses.

    Il était aussi connu pour sa violence et sa susceptibilité ; on le craignait au village. Pourtant il était généreux comme nous allons le voir.

 

    Un dimanche de juin, c’était le jour de la fête annuelle sur la place de la mairie avec des allées et venues sur les trottoirs qui menaient au lieu de réjouissances.

Un automobiliste de passage, soit qu’il roulait trop vite, soit qu’il fut distrait par le spectacle de la fête, perdit le contrôle de son véhicule face aux manèges. La voiture sortit de la route, balaya le trottoir et vint finir sa course sur un pilier d’entrée de garage. Heureusement personne ne se trouvait sur la trajectoire. Pourtant le patron du Bosco qui accompagnait ses deux petits enfants vers les manèges l’avait échappé belle : Le véhicule s’était immobilisé à quelques centimètres du petit groupe.

    Le sang de Robert ne fit qu’un tour. Il menaça l’automobiliste de lui faire la peau. On fit appel à ses amis pour le convaincre de ne pas mettre en pièces le chauffard. Il ne décolérait pas. Plusieurs heures après l’accident, il voulait casser la gueule à l’imprudent. Il fallut attendre tard pour qu’il accepte de rentrer à la ferme pour se reposer.

 

    Puis il quitta Pressagny, on n’entendit plus parler de lui.

On l’avait un peu oublié lorsqu’un article dans le journal local nous apprit son décès aux Andelys, victime de son courage.

    Il avait voulu lors d’une rixe s’interposer entre deux belligérants. Ce fut lui qui reçut le coup de couteau dans la poitrine.

On reconnut qu’il était doué d’une grandeur d’âme qui correspondait pas à son aspect extérieur.

 

      « L’essentiel est invisible pour les yeux » comme le disait Antoine de Saint Exupery.

 

Rémy LEBRUN.

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