HISTOIRE 1

 

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L'histoire de Pressagny L'Orgueilleux

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1 -PREHISTOIRE.

Les êtres humains ont toujours été attirés par le bord des cours d'eaux. Dés le début de l'occupation par l'homme de notre région, nous savons que nombreux étaient les individus attirés par le site, le climat, la chasse et la pêche.
L'Abbé Lucas, historien local a trouvé au lieu-dit : Les Douves de Saint Martin (au bord de la Seine), une station importante où l'on trouve des grattoirs et perçoirs surtout en silex noir et de la craie. On a trouvé également des haches polies dans cette Commune.
Le musée de Vernon possède des quantités d'objets trouvés dans la Seine ou sur les terrains avoisinants, notamment dans les abris sous roche fouillés par l'archéologue A.G. Poulain à Saint Pierre d'Autils. Ils remontent au néolithique moyen, entre 3 500 et 2 500 ans avant J.C. Il s'agit de sépultures dont les rites funéraires semblent énigmatiques.
Guy Verron, dans un article tiré de : La Normandie Avant les Normands (22ème année Présence Normande N° 8) écrit : Il a été trouvé sur le territoire de Pressagny, des objets appartenant au "groupe de l'épée en langue de carpe " datant de l'âge du bronze final 3 à une époque où la Haute Normandie était particulièrement peuplée et active, environ 600 ans avant Jésus Christ.
Pendant l'époque gauloise, le Vexin était occupé par la tribu des Veliocasses. La Seine formant une limite naturelle au sud de leur territoire. L'espace qu'occupe aujourd'hui Pressagny était situé à proximité de deux oppidas, (camps fortifiés et centres économiques) ; l'un à St Pierre d'Autils, l'autre à Vernonnet.
Époque Gallo-romaine

Lorsque les légions romaines déferlent dans notre contrée, elles soumettent les veliocasses puis installent l'administration de la Neustrie, (actuelle Normandie) pour une période qui va durer 600 ans ! L'équivalent de Jeanne d'Arc à nos jours !
En ce temps, la Seine servait au transport des matériaux. Il est vraisemblable que les bateliers avaient des relais sur tout le parcours du fleuve ; c'est ce qui explique le dépôt de tuiles à destination des villas gallo-romaines qui ont été retrouvées sur le bord de la Seine entre Notre Dame de l'Isle et Pressagny l'Orgueilleux. Elles provenaient sans doute d'une embarcation échouée.


EPOQUE MEROVINGIENNE
D'après Monsieur Auguste Le Prévost, (historien du 19ème siècle) La charte suivante donne à Pressagny une origine mérovingienne. Il n'est pas douteux que la charte de Wandemir ne mentionne notre Pressagny : " ...villa vestra cui vocabulum est Prisciniacus quae est in pago Vilgasino super alveum Sigona...Actum Prisciniaco, villa publice... " (Charte de Wandemir et d'Escamberte, An 729.)
Ce texte peut se traduire ainsi : Votre maison qui se nomme Prisciniacus est située dans le Vexin, au-dessus du lit de la Seine... Prend acte qu'il s'agit d'une maison d'intérêt public.
L'abbé Lucas, curé de Dampmesnil et de Daubeuf écrit :
D'après de Pulligny, (pseudo vicomte, bienfaiteur du canton d'Ecos), vers 1876, sur les pentes du parc de la Madeleine, on aurait découvert deux tombelles. Dans l'une située entre Panilleuse et Pressagny, au Val d'Airain, non loin de la route, on aurait trouvé sous une éminence six corps placés régulièrement comme les rayons d'une roue ; les corps avaient les pieds appuyés à une pierre plane au centre ; au pied de l'un d'eux se trouvait un vase de 0,10m contenant une flèche en fer de 0,05m ; Les têtes étaient appuyées sur des pierres.
Dans une autre sépulture, les quatre têtes placées aussi sur des pierres plates de 0,05 à 0,06m formaient l'axe de la circonférence et les quatre corps, les rayons.
Près des corps se trouvait un vase en terre noire contenant des cendres, on aurait trouvé aussi une fibule.

SUPPOSITION SUR L'ORIGINE DU NOM DE PRESSAGNY L'ORGUEILLEUX

Pressagny est cité dans une charte du temps de Thierry 3 (652-691 ) sous le nom de Prisciniacus, (peut-être un nom d'homme ) repris dans une charte de Charles le Chauve en faveur de saint Ouen de Rouen. ( 876 )

Dom Toussaint Duplessis écrit dans la première partie de sa " Description Géographique et Historique de la Haute Normandie " éditée en 1740 : "Le pouillé d'Eudes Rigaud donne à ce lieu le nom de Pressi & à la cure voisine de N.D. de l'Isle, celui de Pressigny ". En latin pressi est le parfait du verbe premo qui a la même signification que notre verbe presser ou serrer...

Voilà pour Pressagny, abordons maintenant l'adjectif Orgueilleux.

Toujours d'après Dom Toussaint Duplessis :"En langue celtique, je ne sais si -org- ne signifierait pas : Montagne, éminence, hauteur. A l'égard de la syllabe -euil- ou -œil-, il paraît qu'elle était aussi usitée chez les Celtes et que les Latins en ont formé leur terminaison en -olus- ou -ulus-, pour exprimer un superlatif, soit en grand, soit en petit : mas ; masculus : parvus ; parvolus ou parvulus : plus ; plusculus ; plusculum etc... ".
A partir de cette théorie, nous pouvons supposer que :
Org. signifierait : Hauteur
Ueil signifierait : Petite
Il est vrai que le village est bâti sur une petite hauteur par rapport à la Seine et aux villages voisins.

D'après Monsieur Le Prévost, historien de l'Eure, dans ses "Mémoires et Notes" éditées en 1864 : "...Ce n'est pas au Goulet qu'il faut chercher le château de Philippe Auguste mais bien dans une île voisine (entre le Goulet et Pressagny). Nous pensons que le Goulet n'est pas autre chose que le Portus Orgul, cité dans une Charte de Drogon contemporain du Duc Richard II. D'Orgul, on aura fait Orguletum, puis négligent la première syllabe : Guletum. C'est de ce lieu que nous sera parvenu le surnom de Pressagny l'Orgueilleux situé précisément en face du Goulet".

Dom Cottineau, O.S.B. moine bénédictin, écrit en 1935 à propos du prieuré de saint Martin : " Pressagnyacum Superbum (Orguletum)".

Hypothèses proposées par quelques habitants du village.

1) A l'époque où Pressagny était rattaché à la seigneurie de Saint Pierre d'Autils, le seigneur de ces lieux vivait fastueusement et au-dessus de ses moyens (de façon orgueilleuse ). Pour le différencier de Pressagny l'Isle et de Pressagny le Val, on y aurait accolé l'adjectif Orgueilleux. Maurice Dermer.

2) Au moyen âge, sur les coteaux de Pressagny, la culture de la vigne était prospère, elle s'étendait jusqu'à Pressagny le Val. Le roi de France qui venait souvent chasser en forêt de Vernon fut invité à goûter les vins des trois localités portant le nom de Pressagny. Il apprécia particulièrement celui de Pressagny (tout court). Les habitants en auraient été si fiers que ceux des villages voisins les auraient surnommés les orgueilleux; puis les habitants de Pressagny les orgueilleux. Maurice Dermer

3) Les trois Pressagny à l'origine ne faisaient qu'un seul territoire et une seule administration locale. Le bourg que nous habitons était le plus important avec ses deux prieurés (la Madeleine et Saint Martin). De plus, un rendez-vous de chasse aurait été construit pour accueillir le roi lors de ses battues en forêt de Vernon. Quand une division administrative et territoriale s'avéra nécessaire, pour distinguer notre village, on l'appela l'Orgueilleux en fonction des constructions orgueilleuses et des maîtres qui l'habitaient. Rémy Lebrun

Nous verrons dans le chapitre sur la Révolution, les appellations de Pressagny sur Seine et Pressagny sous Vernon.

EPOQUE CAROLINGIENNE
Au début du 9ème siècle, Pressagny faisait partie des possessions territoriales de l'abbaye de Saint Germain des Prés.
Cette abbaye possédait un très vaste domaine d'environ 32 500 hectares qui s'étendait surtout au sud de la Seine, des confins du Perche à Melun.
Pressagny constituait une des rares possessions de cette abbaye sur la rive droite du fleuve ; en tant que telle, extrême avancée vers l'ouest du domaine de Saint Germain, et semble t'il, située sur une route d'une grande importance économique. Pressagny devait jouer un rôle non négligeable à cette époque. (Gilles Huguenin. Bibliothèque Nationale).
Les vikings mettront un terme à ces possessions normandes.
INVASIONS NORMANDES
Sous le règne de Charlemagne, c'est à dire avant l'an 814, les Vikings ou Nortmann arrivent de Scandinavie et envahissent la Normandie en remontant les rivières. C'est entre l'an 841 où ils ravagent Rouen et 845 où ils atteignent Paris que les habitants de Pressagny l'Orgueilleux voient arriver sur la Seine, des embarcations comme ils n'en avaient jamais vues. La proue de ces navires est surmontée de dragons menaçants. Comme dans tous les villages voisins la population doit subir ces envahisseurs pillards et incendiaires qu'étaient ces nordiques. Il est plus que probable que ce furent des heures bien noires pour les populations sédentaires de la région. " Les ossements des captifs des normands " écrivait l'évêque de Maux, "blanchissent dans les îles de la Seine, dans cette vallée si belle qu'elle ressemblait à un paradis. Tout, à partir de la mer a été ravagé par le glaive, dévoré par l'incendie. " (Meyer page 79).
" En 856, ils s'établirent au camp du goulet et couvrirent de ruines notre région " nous dit encore Edmond Meyer dans son -Histoire de Vernon- (page 80).
Les nouveaux occupants étendirent progressivement leur emprise sur La Neustrie pendant la deuxième moitié du 9ème siècle pour aboutir en l'an 911 au traité de Saint Clair sur Epte, signé par Rollon chef des normands et Charles 3 (Le Simple), roi de France. " Pour sceller cette paix, le roi Charles donna sa fille Gisèle comme épouse au chef normand qui embrassa la foi chrétienne à Rouen. Un grand nombre de ses compagnons d'armes suivit son exemple. " ( Meyer page 80).
Comme la limite des territoires de France et de Normandie se trouvait fort proche de Pressagny : (Vernon et la vallée d'Epte), des ouvrages de défense furent construits sur la Seine en amont et en aval de notre commune à Vernon et au Goulet.
De 912 à 924, Pressagny fut même ville frontière. Le traité de Saint Clair sur Epte fixait la limite sur la Seine entre Vernon et Pont de l'Arche et sur la rivière Eure. Le triangle Vernon - Pacy sur Eure - Pont de l'Arche formait donc un fer de lance planté dans le flanc de la Normandie. En 924, la limite territoriale fut reculée au profit de la Normandie jusqu'à la limite actuelle.

MOYEN AGE
Pendant cette longue période, nous noterons les faits les plus marquants.
En premier lieu, l'importance des croisades sur la vie locale. C'est en 1129 que saint Adjutor fonda un lieu de prières au Mont, qu'il appela la Madeleine. Plus tard un prieuré sera construit en ce lieu.
Histoire et légende de saint Adjutor.
Jean, seigneur de Vernon épousa Rosamonde, fille de Guillaume de Blaru. De cette union naquit trois fils : 1) Richard de Vernon qui prit part à la conquête de l'Angleterre. 2) Matthieu et enfin, 3) Adjutor. Ils recueillirent l'héritage de Guillaume.
Adjutor de Vernon avait été élevé par saint Bernard, Abbé de Tiron au Perche. Il avait puisé dans la fréquentation de ce maître des principes de religion qu'il devait conserver jusqu'à sa mort.
Rentré à la maison paternelle, il s'était fait construire un pavillon dans un site ravissant, au bord de la Seine, sur la rive droite à une lieue en aval de Vernon. Il y partageait son temps entre la chasse et la prière.
Quelques années s'étaient à peine écoulées pour lui dans cette retraite, quand l'écho affaibli des prédications de Pierre l'Ermite arriva jusqu'à ses oreilles.
Adjutor était plus apte que tout autre à comprendre la parole ardente de ce moine qui parcourait l'Europe en prêchant la croisade contre les infidèles, il ne pouvait rester calme au milieu de l'enthousiasme général.
Il prit la croix en 1095, enrôla 200 hommes d'armes et partit pour les lieux saints.
Il parcourut la Palestine, priant et combattant tour à tour, tantôt remportant des victoires, tantôt subissant quelques défaites. Tombé dans une embuscade, aux environs de Tambire, il parvint à se faire jour au milieu des sarrasins qui laissèrent mille des leurs sur la place. Ses compagnons de guerre étaient Héliodore de Blaru, Eudes de Portmort, Jean de Bréval, Anselme de Chantemerle, Gui de Chaumont, Pierre de Courtigny, Richard de Haricourt et Henri de Préaux.
Après 17 ans de combat, il fut capturé par les infidèles, non loin de Jérusalem, "ils l'enferrèrent d'horribles chaînes d'une grosseur tout à fait extraordinaire". Il eut à subir un véritable martyre. Non seulement ses ennemis cherchaient à se venger de ses victoires, mais encore voulaient-ils le pousser à renoncer à sa foi. Adjutor brava leur cruauté et s'éleva au dessus de la souffrance, si bien que ses bourreaux, las de le tourmenter en vain le jetèrent en prison. Il en fut très affligé car il avait espéré la couronne du Martyre.
Adjutor ne manqua pas d'adresser ses prières les plus pressantes à Sainte Madeleine, seconde patronne de Vernon à cette époque; et aussi à saint Bernard de Tiron qui venait de mourir.
Une nuit qu'il dormait, il vit apparaître à sa droite Sainte Madeleine et à sa gauche saint Bernard de Tiron. Ils l'enlevèrent et le transportèrent dans la même nuit de Jérusalem en sa maison du Mont près de Pressagny, puis ils le quittèrent en lui disant: "C'est ici le lieu de ton repos que nous avons choisi".
Ce miracle qui eut lieu en 1130, est attesté par des témoins dignes de foi comme Pierre de Courtigny, Henri de Préaux, Odes de Portmort "et plusieurs autres qui ont dit l'avoir vu et mangé avec lui le jour précédent de son transport". On dit aussi qu'il fut transporté dans un coffre de fer. Suite à ses prières, le coffre s'ouvrit et les liens tombèrent
Pieuses et naïves légendes qui montraient l'étonnement que causa le retour des croisés que l'on croyait ne jamais revoir.
Se voyant libre après un voyage de 1200 lieues pendant son sommeil, Adjutor prévint l'archevêque de Rouen, lui annonçant qu'il quittait la vie du monde et se démettait de sa chevalerie séculière; il donna tous ses biens à l'abbaye de Tiron (près de Nogent le Rotrou) "pour être ordonnés, distribués et employés par l'abbé aux viures et nécessités du monastère".
Pour accomplir le vœu qu'il avait fait à Tambire, de fonder, sous la consécration de Sainte Madeleine, une chapelle près de sa maison s'il remportait la victoire, Adjutor édifia un lieu de prière où il se retira après avoir embrassé la vie monastique. Il se livra aux austérités du cloître avec une ardeur que l'archevêque crut devoir modérer.
Sa vie jusqu'à la fin ne fut qu'une abstinence et une austérité continuelle. Il n'usa plus de viandes nourrissantes sinon aux bonnes fêtes et quand il était visité de quelque grand seigneur; il en usait alors un peu plus largement pour cacher son austérité. Le reste du temps, il se contentait de pain et d'eau ou de choux cuits à l'eau et simplement salés.
Durant toute sa vie monastique, il suivit la règle de saint Benoît qui ordonne le travail. Il fit donc trois parts de sa vie: une pour la prière, une pour l'étude et une pour le travail. Il dormait sur la terre nue, se contentant pour tout oreiller d'un peu de terre plus relevée.
Mais il avait dans sa chambre "un lict assez honnête" pour cacher son austérité à ses visiteurs. Il était vêtu de toile et portait une rude haire.
Plusieurs miracles sont attribués à ce saint.
Il y avait à cette époque un possédé nommé Hilgod le Roux; le démon le poussa vers la retraite d'Adjutor; il tenait un couteau à la main avec lequel il avait déjà blessé plusieurs personnes. Adjutor n'était pas seul; à ses côtés se trouvaient sa mère Rosamonde et plusieurs autres hommes et femmes. Tous, sauf Adjutor, pris de frayeur à la vue du possédé se retirèrent derrière l'autel de Sainte Madeleine. Adjutor, priant la Sainte, s'avança et prononça des paroles d'exorcisme. Aussitôt le démon sortit avec grand bruit du corps du possédé.
-L'Abbé Théroude, curé de Vernon au 17ème siècle raconte encore avec une naïve admiration la guérison de Jean et d'André de Tourny, de Pierre de Pressagny aveugle, de Guy de Bacqueville hydropique et de Jean d'Andeli "tout contrefait qui fut remis en posture naturelle". Il rapporte en outre le récit d'une expédition lointaine au-delà de la Prusse, dans laquelle les chevaliers normands invoquèrent dans une bataille, la protection de Sainte Madeleine et de saint Adjutor. Ils remportèrent la victoire.
Le fondateur de La Madeleine mourut le 30 avril 1131. L'archevêque de Rouen et l'abbé de Tiron qu'il avait fait appeler recueillirent ses dernières volontés. Il fut inhumé dans la chapelle.
Rosamonde de Blaru avait pris le voile et s'était également retirée à la Madeleine. Elle fut enterrée près de son fils dont le renom de sainteté s'était répandu dans les diocèses de Rouen, d'Évreux et de Chartres où il était honoré sous le nom de saint Adjuteur, saint Ajoutre et saint Ustre.
Après la mort de saint Adjutor, les moines de Tiron remirent le quart de la forêt à Matthieu de Vernon qui leur accorda en échange de nombreux privilèges par une charte datée du mois d'avril 1132 dans laquelle il prenait le titre de Seigneur de Vernon et de Tourny. Y souscrivirent Guiscard de Bacqueville, Eudes et André de Portmort, Eudes de Pressagny, Godefroi de Beaudemont, Robert de Blaru etc... Il mentionne dans cet acte important les nombreuses redevances seigneuriales dont les religieux seront exemptés à l'avenir: Des péages, des travaux, des entrées de portes (de villes), de ce que l'on doit pour passer les ponts, des corvées, des tailles, du mesurage des droits des marchés, de ce que l'on doit pour vendre le vin, des étalages des places publiques, de ce que l'on doit aux exécuteurs de la justice, des droits de pressoir, des moulins, des fours et de toutes autres sortes de redevances, des réparations des fours, des ponts, des chemins, des villes, des châteaux, de leur garde, des guets de nuit etc...
Cette énumération indique bien les charges qui grevaient le peuple de cette époque.
Matthieu de Vernon donna aux religieux de Tiron, dans son village de Tourny, deux charrues de terre sur lesquelles étaient déjà édifiées des maisons qui appartenaient à cette abbaye et un petit bois appelé le Tronchet ainsi que le moulin de Mauve "de Malva" à Pressagny. Il y ajouta le droit de pâturage des bestiaux en bois et en plaine.

Les noms de Godard de Pressagny en 1120 et de Odde de Pressagny en 1132 sont mentionnés par Edmond Meyer dans son Histoire de Vernon
Le Dictionnaire des communes de l'Eure de Charpillon et quelques historiens locaux nous disent que :
" En 1156, le roi Henri II donna aux religieux de Bernay, l'église de Pressagny, avec les dîmes et les dépendances. "
" L'abbaye de Bernay fit construire à Pressagny un prieuré qui est mentionné au 14ème siècle " sous l 'appellation de : Prieuré de St Michel et St Martin de Pressagny
" Vers 1180, Richard de Vernon concéda aux moines de Saint Wandrille, la terre et les vignes données par Durand de Pressagny " (Notes de Monsieur Le Prevost).
" Richard de Saint Gilles, chevalier, relevant son fief de haubert par quarante jours de garde. Ce fief devait être situé à Pressagny ou à Notre Dame de l'Isle. Nous voyons en effet en l'année 1208, Richard, fils de Simon de Saint Gilles, donner à L'Abbaye de Saint Taurin, les deux tiers de la dîme des fruits de son clos de Pressagny".
" Le Pouillé d'Eudes Rigaud, rédigé vers 1245, constate que Pressagny comptait 66 chefs de familles et que sa cure valait 15 livres tournois".
" En 1270, l'Hôtel-dieu de Vernon et Eudes de Chauvin, possédaient à Pressagny des vignes dont le vin était renommé. "
" Jean de Jeucourt, dit Brunet, chevalier, capitaine du Châtel du Pont de l'Arche, était en 1369 seigneur de Pressagny ; l'année suivante on lui assigna un traitement annuel de 400 Livres "
"A la même époque, les habitants de Fours, Tourny, Cahaignes, Heubécourt, St Sulpice, Tilly, Panilleuse, Mezières, Corbie, Notre Dame de l'Isle Pressagny l'Orgueilleux, Gasny, Ste Geneviève, Giverny, La Chapelle St Ouen, et d'autres paroisses voisines, se plaignirent qu'on les contraignaient, en vertu d'une ancienne ordonnance à contribuer à la réfection des fortifications de Mantes, bien qu'ils fussent éloignés de cette ville de plus de 7 lieues et qu'ils ne pussent y chercher refuge en temps de péril.
Charles V accueillit favorablement la plainte des réclamants par son ordonnance qui les exemptait pour l'avenir de toute contribution aux frais de réparation de Mantes, mais les astreignait à "être tenu à contribuer pour les fortifications et réfections du castel de Vernon."
Les habitants de Tourny qui figurent en tête de cette plainte n'étaient peut-être pas tout à fait à l'abri du soupçon à l'égard de la mort du receveur de l'impôt chargé en 1365 de recueillir les deniers pour les fortifications de Mantes. On les accusait de l'avoir tué. Ils s'en défendaient en disant que le collecteur était mort d'une indigestion de pimprenemaux (petits poissons). "
" On lit dans le coutumier des forêts, rédigé vers 1402 : " Pierre de Jeucourt dit Compaignon, a accoustumé de prendre ès forêts de Vernon et d'Andely, à cause de deux manoirs assis, l'un à Pressagny l'Orgueilleux et l'autre à Pressagny le Val, bois pour édifier et pour ardoir par livrée du verdier, franc pasnage et pasturage... Pour ce, est tenu faire au roy pour chacun desdits manoirs 12 d par an à Noël " ".
" Au sujet des droits d'usage : une contestation avait surgi en 1407 entre les officiers du roi et les habitants de Notre Dame de l'Isle, Pressagny l'Orgueilleux et Bois Jérôme. L'affaire soumise à l'échiquier avait été renvoyée au grand jour de Vernon pour y être jugée. Le Grand Maître, après enquête du verdier, rendit le 22 novembre (ou 29 décembre) 1409 une sentence portant que les habitants de ces paroisses avaient prouvé par témoins qu'ils étaient usagers dans la forêt depuis un temps immémorial et les autorisa à user de leurs droits et à prendre, moyennant certaines rentes, le bois mort comme marsaulx, érable, tremble et autres bois morts, sauf que du bois de boul. Le hameau des Peteis Francs à Notre Dame de l'Isle et à Pressagny le Val, étaient exemptés en vertu des lettres royales, des charges imposées aux autres paroisses voisines pour le droit d'usage ; chaque feu ne payait que 3 deniers parisis au domaine, ses habitants rabattaient le gibier quand le roi venait chasser. " (Abbé Lucas)
" L'église du prieuré de la Madeleine, tombé en ruine pendant les guerres du 14ème siècle, fut rebâtie et dédiée le 22 juillet 1406 par Guillaume de Vienne, archevêque de Rouen.
" Un aveu de l'abbé de Bernay de 1406 contient le passage suivant : " Item un fief noble assis en la vicomté de Vernon, tenu du roi, à cause du temporel de l'abbaye et de la prieuré de Pressagny, etc... " "
" En 1408, Pierre de Villaine, esc, seigneur de Pressagny l'Orgueilleux, Tourny, etc... Rendit aveu pour le fief de Pressagny. "
Sous le règne de Charles VI, le 17 novembre 1412, une sentence de Jehan de Garennes, chevalier, chambellan du Roy notre sire, Maître Enquesteur des Eaux et Forêts; adjuge au Prieur de Pressagny, Cymon Changliat, comme à ses prédécesseurs, bois convenable pour édifier et tenir en estat les hotels et maisons du dit prieuré, trois charretées de boys pour son ardoir (se chauffer) par chaque jour, les fêtes exceptées, droits de pasnage franc, de pâturage pour toutes ses bêtes excepté le breul et mortaigne (chèvres), clôture, pieux et autres choses nécessaires pour faire Hayes à clore son héritage sur rue en payant pour lesdites choses et franchises 12 deniers parisis. Décision confirmée après approbation de sages ayant connaissance des usages franchises droits coutumes et libertés de ladite forêt le 8 mars 1413. (Archives de l'Eure N° H 971).
" Le 9 avril 1415, il s'agissait de prêter serment de garder la paix d'Arras que le roi réclamait de ses sujets à l'appel du bailli. Les prêtres et religieux de tous ordres n'étaient pas exempts de cette formalité. Dom Michel le Lieure, compagnon de dom Simon Changart, prieur de Pressagny l'Orgueilleux figure à Vernon sur la liste des signataires " (E. Meyer page 172)
" Pendant l'occupation anglaise, du 15ème siècle, en 1418 ? Jean de Chartres donne aveu pour les fiefs de pressagny l'Orgueilleux, Pressagny le Val et Pressagny l'Isle. "
" Le 17 septembre 1425, une sentence fut rendue dans la cause d'entre Dom Jean de la Vigne, prieur de Pressagny l'Orgueilleux et Mathieu Adrien curé de St Marcel. "
" En juillet 1454, Adam de la Roe et Guillaume de Bois Gérard, donnèrent aveu pour les mêmes fiefs".
" Le 3 décembre 1474, Toussaint Vaudieu, sergent royal, paya 3s pour copie d'un gage pleige pris par les chanoines de Vernon et par le prieur de Pressagny, contre les trésoriers de l'église du dit lieu, à cause des réparations à y faire. "
" En 1478, Martin du Quesnay, curé de Pressagny, cédant à un remords de conscience, vint s'offrir spontanément à la correction de l'official de Rouen, pour avoir donné un coup à un religieux de Bernay. "
Le 4 avril 1480 le moine Pierre Barbatre, âgé de 55 ans, accompagné de Jacques du Moutier, prieur de la Madeleine, entreprend un pèlerinage en Terre Sainte. Il rédige son journal qui nous permet de suivre son itinéraire. Le 3 mai il est à Venise où il s'installe dans une hostellerie, proche de la Place St Marc à l'enseigne de "L'homme Sauvage". Il s'embarque seul, fait de nombreuses escales pour arriver à Jérusalem le 28 juillet. Il revient à Venise s'embarque pour Ancône où sa trace se perd le 23 octobre. Y est-il mort ? (Annuaire-bulletin de la société de l'Histoire de France 1972-1973).
De cette époque, il ne reste pratiquement rien de visible à Pressagny si ce n'est un mur de l'église sauvé après les bombardements de la dernière guerre, la porte en pierre de la ruelle Bourdet et les soubassements du mur d'enceinte nord du prieuré de la Madeleine.

RENAISSANCE
Notre village connut une période florissante dés le début du 16ème siècle. François 1er venait chasser en forêt de Vernon. Une allée porte son nom qui relie Bois Jérôme à Pressagny le Val et se poursuit vers les Andelys.
Au 17 rue Robert Connan, on peut admirer une voûte en pierre qui encadre un portail et dans la maison, une cheminée à cariatides et hotte décorée de chiens, blasons et autres motifs typiques de cette époque. En cet endroit s'élevait une splendide demeure, peut-être un rendez-vous de chasse royal ?
D'autres habitations à porte de pierre en plein cintre lui sont contemporaines, telle la grande maison divisée en deux des 40 et 42 route des Andelys, celle du 6 bis rue Robert Connan. Bien d'autres qui ont subi des modifications faisant disparaître leurs caractéristiques, ont été bâties vers le 16ème siècle, en témoigne une monnaie à effigie d'Henri 3, retrouvée lors de fouilles au pied d'un bâtiment situe vers l'angle des rues de la Marette et route des Andelys.
" L'aveu de Tourny de 1507 fait mention du fief Bigot, 8ème de fief, paroisse de Pressagny l'Orgueilleux. "
" En 1573, Claude de Saint Germain, héritière de Madeleine d'Annebault, apporta en mariage à Jean-Jacques d'Arconnat : Heubécourt, Corbie, Coupigny, Pressagny l'Orgueilleux etc... (Charpillon).
D'après un terrier de 1587, pour le passage de Pressagny à Saint Pierre d'Autils, chaque feu des deux villages devait par an pour le passage : Un pot de vin, mesure de roi aux vendanges et un pain de 4 au boisseau, tels qu'on les mangeait à Noël. Les passants, étrangers à ces deux paroisses, payaient les droits fixés par le tarif, sauf les officiers du roi et le seigneur de Vernon.

17ème et 18ème siècle.
" Louis Roussel était en 1618 prieur de Pressagny l'Orgueilleux ; il était remplacé en 1639 par Dom Jean-Marie, prêtre, prieur de Pressagny l'Orgueilleux, seigneur de Pressagny le Val et Pressagny l'Isle. "
" Charles de Tilly, marquis de Blaru, gouverneur de Vernon, épousa en 1640, Claude d'Arconnat, fille aînée d'Adrien, qui lui porta les Pressagny "
" Le prieur obtint, en 1665, la confirmation du droit d'usage de sa maison dans la forêt de Vernon ".
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Le 26 juin 1692, dans la Déclaration du revenu du Prieuré de St Martin de Pressagny l'Orgueilleux, on constate que :
Dom Louis Pisant, prêtre religieux de l'ordre de St Benoît, dépendant de l'abbaye de Bernay est prieur
Un fief noble appartient audit prieuré avec rentes seigneuriales treizièmes, il s'étend sur Pressagny l'Orgueilleux, Notre Dame de l'Isle, Pressagny le Val et environs.
Un manoir prieural, joignant l'Église, consistant en plusieurs corps de logis, bâtiments, grange, pressoir, colombier, écuries et étable avec les jardins et enclos, partie plantée en vigne, le tout tenant ensemble.
Outre les rentes seigneuriales, le sieur titulaire du Prieuré de la Madelaine des champs est tenu de faire chaque année pour le prieuré de St Martin un baril de vin blanc contenant 44 pot et 12 deniers de rentes foncières et seigneuriales. Sont aussi tenus les héritiers ou représentants Comprez de faire chaque année 15 pots de vin de rente foncière et seigneuriale.
Le prieuré possède 10 âcres de terres labourables et 2 pièces presque de nulle valeur, attendu que le terroir est tout sablonneux et une pièce de vigne nommée La Gloriette, le tout assis en les paroisses de Pressagny et Notre Dame de l'Isle. Un arpent et demi de terre, ou environ, en nature de pré en 2 pièces assises en l'île sur les paroisses de Pressagny et St Pierre de Longueville, et un demi-quartier de vigne sur la paroisse de St Marcel.
Ce prieuré reçoit (entre autre) la moitié de toutes les grosses dîmes de Pressagny l'Orgueilleux, et le tiers des grosses dîmes de Notre Dame de l'Isle toutes en grain, vin et foin.
Le sieur curé de Provémont est tenu de faire livrer dans les greniers dudit prieuré au terme de la Toussaint, 40 mines de blé suivant la mesure de Vernon. Ledit prieur a droit de prendre et percevoir sur le bénéfice de la cure de St Marcel, 4 mines de blé, 4 mines d'orge et 4 mines d'avoine, mesure de Vernon.
Le dit prieur a droit de prendre dans la forêt de Vernon le bois limité à 20 cordes, pour son chauffage et pour réparer ledit prieuré avec droit de pâturage et passage pour les bêtes.
Archives de l'Eure N° H 971.
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" En 1698,Dom Louis Vaillant était prieur du prieuré de Pressagny l'Orgueilleux. "
" En 1706, messire Charles de Tilly, marquis de Blaru, fils du précédent, gouverneur de l'Île-de-France, était seigneur et patron de Corbie, la Queue-d'Aye, Pressagny, etc... "
Le 28 Août 1710 Claude Maur d'Aubigné archevêque de Rouen, confère et donne le prieuré non conventuel de St Martin de Pressagny, de l'ordre de St Benoît, congrégation de St Maur à Denis Hébert, il mande au doyen de Baudemont qu'il l'installe dans ce prieuré. (Archives de l'Eure N° H 1723)
" En 1710, Dom Denis Hébert, prieur de Pressagny, appelle comme d'abus contre les lettres de Rome obtenues par Jean-baptiste guillaume Jourdain, clerc tonsuré. "
" Tilly-Blaru : d'or, à fleur de lys de gueules "
" Les seigneuries de Pressagny et de la Queue-d'Aye, furent unies, en 1724 au marquisat de Tourny. "
" En 1699, Pierre Le Tricheur de Rafoville nommait le prieur de la Madeleine.
" Une maison située à côté du prieuré, portant le nom de la Madeleine, appartenait au commencement du 18ème siècle, à Etienne Perrier qui obtint ses lettres de noblesse en octobre 1726. "
" Perrier: d'argent, à la fasce de sinople accompagnée de 4 quinte-feuilles du même, posées une à chaque canton de l'écu. "
Selon Monsieur Duramé, Président des Amis des monuments et sites de l'Eure, le cidre de Pressagny était apprécié à la Cour de Versailles et Louis XV le mit à la mode. (tiré de la brochure "Le Canton d'Ecos" 1973.)
Au 18ème siècle, un prélat se nommait Gabriel Cortois de Pressigny, il était né le 11 décembre 1765. Il est mort en mai 1822

LA REVOLUTION.
Edmond Meyer dans son histoire de Vernon rapporte que le 11 juin 1791, après avoir décidé la destruction de l'église Sainte Geneviève Située derrière l'actuelle mairie de Vernon, l'église de Pressagny hérita d'un autel et d'un soleil.
Les cahiers des délibérations du Conseil Municipal nous apportent une quantité importante de renseignements dés l'année 1790.
Biens revenus et charges du Prieuré de St Martin (voir chapitre: histoire de ce prieuré)
Le premier cadastre. (voir chapitre: Histoire du cadastre Bulletin Municipal N° 7 ).
Le 10 novembre 1793 a lieu l'adjudication pour la descente des cloches en vue de détruire les fleurs de lys apposées sur les extrémités de la cloche du dit clocher. L'entrepreneur doit également détruire les fleurs de lys qui sont en lettres pleines dans la nef même... Adjugé à Louis Thubeuf pour la somme de 36 livres; il s'engage à faire le travail dans les 5 jours suivants.
Le 14 novembre 1793, Hubert de Bouville remet à la municipalité les anciens aveux, plans et quelques autres pièces relatives au fief des Rabottes, pour être brûlées conformément à la loi.
Le 1er Frimaire, an second (21.11.1793), les 2 cloches de la Commune sont descendues par le Conseil Général de la Commune et transportées au district des Andelys.
A partir du 11 Frimaire, an 2 (01.12.1793), Pressagny l'Orgueilleux devient Pressagny sur Seine.
A partir du 25 Pluviose, an 2 (13.02.1794), Pressagny sous Vernon.
A partir du 16 Germinal an 2 (05.04.1794), on retrouve l'appellation Pressagny l'Orgueilleux.
Ce jour d'hui, sextidi de la première décade de nivôse, l'an 2 de la République Française, Une et Indivisible (26.12.1793),
Les Communes de Bois Jérôme, Pressagny l'Orgueilleux et l'Isle, réunies en la maison commune de Pressagny en Conseil Général, tendant à prendre les moyens pour obtenir des corps supérieurs, les droits d'usages et pâturage que les dites Communes ont à prétendre dans la Forest dite de Vernon suivant leurs titres, notamment de la lettre palatte de Charles 6 en l'année 1412 et par arrêt du 24 juin 1687 et autres pièces qui ont été mises en main de Jacques Gué du Bois Jérôme, Marain Ledanois de l'Isle et Jacques Cabot de Pressagny, pour rédiger une pétition qui sera présentée au Directoire du district d'Andely, tendant à maintenir les droits que nous avons à prétendre dans ladite forêt susdite. Fait en la Maison Commune de Pressagny ce 6 Nivôse.
Signé: Jacques Guais, C.M. Ledanois, Cabot, Eustache Maire.
Le 21 Nivôse, an 2 (10.01.1794), Eustache (le maire), donne à loyer pour une année une maison et une chambre en bas étage, triège du carrefour et une petite cour y tenant sur la rue bornée des deux côtés, d'un bout, lui-même, d'autre bout, la rue de la Marette, pour un prix de 15 livres, pour être le lieu des séances et de maison commune.
Le 3 Pluviôse, deux commissaires sont nommés pour se transporter à la municipalité Le 21 Nivôse de Vernonnet et à celle de Bois Jérôme, pour rédiger une pétition en vertu de nos titres, pour empêcher les citoyens de Gamilly et autres, de couper les bruyères et herbes dans la forêt de Vernon, située sur notre territoire.
Le 7 Pluviôse (26.01.1794). La Commune nommée Chesné (Les terrains communaux du Chesney), triége de la Madeleine, sera partagée au foyer à proportion de la population. En outre, nous avons arresté que la Commune des Bouches Manon, celle du Vallerin et le petit morceau du bord du Brée, resteront pour servir à la pâture des vaches et chèvres seulement.
Le 8 Pluviôse (27.01.1794). Visite domiciliaire chez les citoyens habitants, pour prendre connaissance des orges qui pourraient s'y trouver et les mettre en réquisition pour ensemencer les terres de notre Commune. Après la visite les besoins restent de 30 boisseaux d'orge pour semer les terres de la Commune.
La Société Populaire a arresté à l'unanimité qu'il est présenté une pétition tendant à faire hommage à la Convention Nationale, du calice doré, la platine (patène) et les burettes d'argent et demandé en même temps qu'il soit rendu un décret pour changer et supprimer le nom Orgueilleux et substituer les mots sur Seine dans les plus courts délais.
Décadi de la 3ème décade, 20 pluviôse An 2 (08.02.1794) Assemblée des habitants de la Commune au Temple de la Raison.
Le 25 Pluviôse. (13.02.1794). Un récépissé du Magasin Général des Dépouilles des Églises, établi par le décret du 8 frimaire déclare avoir reçu de la Commune de Pressagny divers objets servant au culte pour un poids de :
3 marcs, 4 onces, 5 gros de vermeil (876,52 grammes).
5 marcs, 6 onces d'argenterie = (1,407 kg).
A observer que le calice contient des corps étrangers tels que bois, fer et cuivre, lesquels n'ont pu être distraits lors de la pesée.
Le 26 Pluviôse. (14.02.1794). La Municipalité de Pressagny sous Vernon nomme 4 commissaires pour se rendre auprès de la municipalité de Guisignée (Guisenier) pour faire apporter le bléd suivant l'arrêté du district d'Andely du 11 pluviose. Les livraisons devront se faire le 1er jour de chaque décade pour une quantité de 58 quintaux de bléd meteil et seigle.
Le 9 Ventôse (27.02.1794). Conformément au décret du 13 Brumaire, nous avons envoyé au district d'Andely tous les chandeliers en cuivre, les lampes, encensoirs pour un poids total de 158 livres. Aussi 4 ou 5 bassins d'étain, le plomb provenant des fonds (baptismaux) et du bénitier, aussi 30 à 33 bandes de fer provenant des croisées. Tous ces objets provenant de notre fabrique (biens de la paroisse) ont été transportés dans la voiture du citoyen Jacques Varin, accompagné de Frédéric Bénard, secrétaire greffier, lesquels nous ont déclaré avoir livré le tout à l'administration du district d'Andely.
Le 22 Ventôse. (12.03.1794). En vertu de la loi du 14 Frimaire relative au Gouvernement Révolutionnaire et en vertu d'une lettre de réquisition, envoyée par l'agent national du directoire du district d'Andely sur l'extraction du salpêtre, avons choisi et jugeons convenable pour l'établissement de cet atelier dans notre commune, le local dans un appartement du prieuré de la Madeleine.
Ce jour d'huit, 25 ventose (15.03.1794) l'an 2 de la République Française une et indivisible, à la maison commune de Pressagny sous Vernon, moi, Citoyen Joachim Morelle, je déclare aux maire et officiers municipaux de cette dite commune et aux membres du conseil général que je suis dans l'intention d'ouvrir une école et d'instruire les citoyen de cette commune suivant les préceptes et maximes de la loi de la convention nationale et la morale républicaine. Je déclare remplir mon devoir avec le plus grand zèle et ardeur qu'il me sera possible et d'instruire en tous points suivant la loi de la République.
Je soussigné Sulpice Loddé, cultivateur en la commune de Bois Jérôme, fondé de pouvoir de la municipalité, requiert des citoyens, maire et officiers municipaux de la commune de Pressagny l'Orgueilleux de nous délivrer un arbre de la liberté pour être planté en la place commune de Bois Jérôme le 1er germinal prochain. Nous viendrons le requérir et arracher mercredi prochain 29 ventose (19.03.1794) an 2 de la République une et indivisible. L'arbre sera enlevé du territoire du prieuré de la Magdeleine.
Le 1er Germinal (21.03.1794) Comme la culture des terres se trouve négligée, chaque citoyen comparaîtra et viendra s'expliquer à la Municipalité des causes de non culture. Considérant que ce serait une grande perte de ne les pas cultiver, tout citoyen se rendra utile à la chose publique et cultivera suivant ses forces. Il sera mis des charrues pour labourer pour les semences de mars préférablement à tous autres travaux. Ils seront payés au terme de la loi par les citoyens à qui appartiennent les terres en non culture.
Le 28 Germinal, an 2 (17.04.1794). 3 citoyens de notre commune sont mis en réquisition pour se transporter avec le citoyen Pierre Philippe Chauvet, cultivateur, pour battre seigle méteil et orge tant qu'il y en aura à battre.
Il a été envoyé au Directoire du District d'Andely, ce jour d'hui 11 floréal (20.04.1794) 10 couvertures de coton et 16 de laine, 3 boisseaux de pommes de terre provenant de la maison de la Magdelaine, dépendant de notre commune, appartenant au citoyen Morain Dumaraist qui ont été levées par Brochu, commissaire envoyé par le District d'Andely.
Il est urgent de hâter la fabrication du salpêtre vu l'impossibilité pour les ateliers révolutionnaires de se procurer de la potasse indispensable. On ne peut y suppléer que par les cendres. Le Conseil Municipal arrête qu'il va inviter chaque ménage à porter à la maison commune au moins une quarte de cendres. La Municipalité en dressera état pour être transporté le plus tôt possible à l'atelier révolutionnaire du canton et remis à l'agent chargé de sa direction.
Nous nous sommes rendus au château de la Madeleine pour faire l'enlèvement des cuivres pour être convertis en chaudière pour l'extraction du salpêtre:
18 casseroles petites et grandes,
2 grandes fontaines et 1 petite fontaine à laver les mains avec son bassin,
2 grandes bassines et une petite,
3 marmites avec leur couvercle et 1 coq mare,
2 compotiers dont 1 avec anse et 1 braisière avec son couvercle,
2 grandes poissonnières et 1 petite,
1 baignoire,
2 plaques, 1 capouelle ronde et 1 bouilloire avec son couvercle,
10 couvercles de casseroles, 2 couvercles à tourte et 2 écumoires.
Le 27 floréal de l'an 2 (16.05.1794) Réquisition du chef-lieu de canton pour contingent à fournir pour les charrois militaires. Matériaux fournis précédemment:
1 paire de fers de roues fournis par Nicolas Parmentier ainsi que le temps pour faire la grande voiture et pour ferrer la dite paire de roues
Pris à la Magdelaine: 1 essieu et 1 bande de fer pesant 300 livres.
1 lieurre prise chez Pierre Philippe Chauvet
1 bâche soit 14 aunes de toile fournis par divers particuliers. savoir:
Noël Cartier 3 aunes
Pierre Parmentier 3 aunes
Martin Baudoin 3 aunes
Bernard Fouet 3 aunes.
Pierre Vicomte 3 aunes.
1 avaloire, celle de limon par Pierre Vincent
Les bois fournis pour la construction de la voiture se montent à 8 marques3/4, 49 chevilles et 33 planches de chêne de 11 pouces de tour. Tous les bois ci-dessus ont été pris dans la vente de Valerain (Val d'Airain ?)
Même jour envoyé 30 boisseaux de cendres donnés par notre commune pour la fabrication du salpêtre.
Le 30 Floréal (19.05.1794). Le citoyen Eustache J.Bte, maire expose que son porc appelé vulgairement cochon, âgé d'environ 8 mois est dangereusement malade... Le fait étant constaté, ordre est donné au dit maire de faire tuer son cochon en fin de ne pas perdre la viande, denrée de première nécessité.
Le 25 Prairial (16.06.1794). a lieu la réquisition des armes portatives. Il a été trouvé 33 fusils, 1 pistolet et 4 canons de pistolets.
1er Messidor (16.06.1794) Madame veuve Jean Varin a vendu un petit porc agé de 8 mois parce qu'elle n'avait plus aucune subsistance pour le nourrir.
Jacques bourdon ne pouvant trouver aucune nourriture pour substanter son porc est contraint de le faire tuer, quoi que très petit et très jeune, n'ayant pas plus de 6 mois.
Le 8 Messidor.(27.06.1794) Recensement des porcs. On a trouvé 20 cochons mâles âgés de 3 mois et plus dans la commune.
Le 18 Messidor. (07.07.1794). Arrêté du district d'Andely portant réquisition des porcs (appelés vulgairement cochons) tant mâles que femelles coupées de quelqu'âge qu'ils soient, avec défense expresse d'en tuer ni d'en vendre aucun sous peine d'être poursuivis révolutionnairement comme entravant la réquisition, jusqu'à ce que les contingents soient fournis et les faire amener le 29 du présent mois au chef-lieu de canton d'Andely. Publié au son de la caisse dans les carrefours et places publiques. Etat: 38 tant mâles que femelles.
Le 20 Messidor (09.07.1794). Vente des récoltes de la fabrique de Pressagny sur Seine.
1er lot: 3 quartiers sis en l'île Chouquet
2ème lot: 1/2 arpent en la même île
3ème lot: 30 perches en la même île
4ème lot: 20 perches île Emien
5 me lot: 30 perches même île
Les adjudicataires seront tenus de donner bonne et suffisante caution, de payer dans le mois le prix de l'adjudication, en outre de payer le timbre et les droits d'enregistrement.
Vente au plus offrant et dernier enchérisseur. Adjudication à la bougie éteinte.
Le 23 Messidor an 2. (12 07.1794). Un arrêté du district d'Andely ordonne de faire scier, lier, battre et transporter les grains de seigle au magasin national du district. Tous les citoyens doivent, sur-le-champ, s'occuper de la rentrée des dits grains. Il va être fait un recensement général dans la commune pour statuer sur ce qu'il y a lieu d'envoyer.
Le 26 Messidor. (15 07.1794). Une pétition est présentée par Jean Etienne Chauvet pour que le comité veuille lui délivrer un sabre dont il a été désarmé. Autorisation accordée.
Le 27 Messidor. Les chevaux se transportent au chef-lieu de canton aux fins de choisir les chevaux propres aux charrois militaires.
Le 7 Fructidor (24.08.1794). La séance est ouverte aux cris de "vive la République". Des secours sont accordés aux parents des défenseurs de la patrie, aux fins de faire jouir des bienfaits de la loi, les familles indigentes.
Une pétition du citoyen Adjutor Chauvet exposant qu'il a un troupeau de moutons couché dehors journellement. Plusieurs fois son dit troupeau s'est trouvé interrompu par les loups. Il réclame que la Municipalité lui remette 2 fusils provenant de chez lui qui sont à la maison commune.
La Municipalité déclare qu'il n'y a pas lieu de délibérer, les armes ayant été déposées par le comité révolutionnaire.
Le 21 Fructidor. (07.09.1794). Réquisition des avoines pour ceux qui n'ont pas de chevaux et qui en glanent. Ceux qui n'ont pas encore battu seront tenus de les transporter dans le délai de 2 décades au magasin national du district. Ce qui sous-entend que le grain battu est enlevé ce jour.
Le 29 Fructidor. (15 09.1794). Le citoyen Hardy, commissaire des salpêtres et salins a requis l'agent national pour sa responsabilité. 1) De faire ramasser, sécher et réduire en cendres les marcs de vin. 2) De faire couper dans le délais d'un mois, toutes les fougères qui peuvent se trouver dans les bois, de les faire brûler presque toutes vertes et d'en porter les cendres chaque décade à l'atelier de fabrication du salpêtre. De mettre en réquisition, pour cette opération, tous les individus de la commune agés de 12 ans et plus.
Le 7 Vendémiaire an 3. (28.09.1794). Ouverture d'une souscription pour la construction et l'armement d'un vaisseau de ligne.
Le 9 Vendémiaire. L'agent national ne pouvant faire désherber par les femmes et enfants de cette commune, requiert des maire et officiers municipaux, de procéder à la nomination de 2 citoyens pour faire couper toute la fougère et herbe propre à faire ce salin.
Le 16 Vendémiaire. Récolte des faines pour convertir en huile. Femmes, vieillards et enfants non occupés aux travaux indispensables sont mis en réquisition pour ramasser la faine, fruit si précieux, de la manière qui sera indiquée.
Le 21 vendémiaire (12.10.1794) Le Conseil Général donne connaissance à l'assemblée, réunie en masse de la loi relative au partage des biens communaux.
Labove, arpenteur est choisi pour faire la répartition.
Le même jour, le citoyen Philippe Chauvet, domicilié en cette commune, ayant fait la démission de ses armes à la mairie commune par soumission et obéissance à la loi; aujourd'hui se trouve dans le cas d'en faire la réclamation pour plusieurs circonstances, à l'occasion de son troupeau à laine qui a été meuqué plusieurs fois par la bête carnassière de loup qui voulait forcer le parc pour emporter sa proie, suivant ce que nous a rapporté le citoyen Robert Toussaint mon pasteur.
De plus, il m'a encore rapporté que la nuit du 16 vendémiaire, il s'est présenté un brigand, habillé de bleu, aux environs de minuit. L'ayant aperçu enlever un mouton, me regardant effrontément, face à face à ma cabane l'espace d'un demi-quart d'heure, tenant l'animal dans ses bras. Etant ennuyé de regarder celui qui lui nuisait a avancé par-dessus le parc pour jeter le mouton. Cet individu mal intentionné a fait la culbute par-dessus le parc dans la précipitation qu'il avait de se sauver.
Moi citoyen Robert Toussaint, n'ayant pas de quoi me défendre, j'ai été obligé, malgré moi, de le laisser à sa volonté.
Le Conseil Général, après lecture de la pétition, prend en considération la réclamation et arrête qu'il sera délivré, dans les plus brefs délais, un fusil au pasteur dudit Chauvet pour s'en servir, au besoin, autant qu'il sera à parquer, pour être de suite après la rentrée du troupeau à la bergerie remise par ledit pasteur à notre maison commune conformément à l'arrêté précédemment rendu.

Le 24 vendémiaire de l'An 3 (15 10 1794)
Recensement des chevaux :
7 juments dont deux de 8 ans et 5 hors d'âge.
2 chevaux entiers dont un de six ans et un hors d'âge.
Le 9 vendémiaire. (En fait compte tenu de l'ordre chronologique ce doit être plutôt le mois de brumaire).
Il se commet des abus dans le Temple de la Raison par des assemblements qui ne tentent qu'à troubler l'opinion publique. La Municipalité de Pressagny sur Seine arrête que le Temple ne sera ouvert que les jours de décady pour la lecture des lois et faire des prières à l'Être Suprême suivant la morale républicaine
Le 12 brumaire (02.11.1794).
Le Conseil Général, à la suite de demandes réitérées de célébrer le culte catholique, voulant toujours tenir le bon ordre et la tranquillité, pour éviter plus grand danger qui aurait pu encourir par le refus de l'ouverture du temple; pourquoi, de ce jour, avons remis les clefs du temple pour obtempérer à la demande de plusieurs citoyens, membres de la société populaire à la séance du 10 brumaire. Lesquels déclarent n'avoir pas donné notre adhésion à ce rassemblement sans l'avis des corps administratifs supérieurs.
Le 16 frimaire. (06.12.1794).
Un arrêté du district d'Andely en date du 4 frimaire tendant à faire cesser le rassemblement dans le temple de l'Être Suprême les jours de fêtes et dimanches et faire célébrer les fêtes décadaires et nationales avec toute la solennité et exactitudes qu'elles exigent.
Le 28 frimaire An 3 (18.12.1794)
Nous avons annoncé au son de la caisse dans l'intérieur de notre commune que toutes les femmes et filles qui voudraient travailler, peuvent se présenter à l'atelier pour les cendres du salpêtre, établi en la forêt nationale sur le territoire de notre commune. Elles y recevront strictement, toutes les décades, l'indemnité pour leurs travaux qui est fixé à 30 s par jour pour une présence de 7 heures du matin jusqu'à 5 heures du soir, ne faisant qu'un repas dans ledit atelier.
Les enfants peuvent s'y présenter aussi. Ils seront fixés d'après leur âge et leur travail.
Beuzeron, commissaire, maire de Tilly leur rendra justice.
Le 1er nivôse. (21.12.1794).
Une lettre du district d'Andely ordonne de faire faire des devis estimatifs pour les réparations des maisons nationales, des maisons d'émigrés et de l'église.
Le 5 nivôse (25.12.1794).
Le Conseil Général assemblé au Temple de l'Être Suprême sur convocation faite au son de la caisse pour aviser aux moyens de se procurer des subsistances.
La Société Populaire, par son arrêté de ce jour, voyant la pénurie affreuse où nous nous trouvons vient de nommer le citoyen Thomas Le Marié commissaire à cet effet pour se transporter près du comité de subsistance aux fins d'obtenir allégeance à nos maux. Cet arrêté nous ayant été communiqué, nous l'avons pris en considération, nous disons qu'il aura son plein et entier effet. C'est pourquoi le Conseil Général arrête qu'il sera délivré au citoyen Le Marié une somme de (resté en blanc) provisoirement pour son temps et ses frais de voyage.

Même jour (Noël).
Une pétition des habitants de la Commune tendant à autoriser l'ouverture de l'église et prier l'Être Suprême
Le 7 nivôse (27.12.1794).
Réquisition faite au nom de la loi par la municipalité de Vernon de fournir par les habitants de notre commune, le 8 nivôse à 7 heures du matin, deux voitures attelées chacune de 4 chevaux pour emporter de la farine, de la commune de Vernonnet à Paris.
Tous les possesseurs de chevaux, voituriers, et cultivateurs de la commune ont été convoqués au son de la caisse. Ces derniers déclarent qu'ils sont dans l'impossibilité de pouvoir entreprendre le vœu de la réquisition, leurs chevaux et harnais sont d'une complexité trop faible et atterrés de travail.
Les seuls citoyens en état de remplir le vœu de ladite réquisition sont en roulage sur les grandes routes pour le service de la République.
14 nivôse (03.01.1795).
Certificat de résidence du citoyen Antoine Daniel Perier, 43 ans qui a demeuré dans cette commune en la maison de La Madeleine appartenant au citoyen Morin, sans interruption du 27 juillet 1792 vieux style, jusqu'au 25 octobre suivant.
30 nivôse. (19.01.1795).
Arrivée dans la commune de 2 déserteurs espagnols.
12 pluviôse. (31.01.1795).
Un citoyen de Hennezis a été arrêté par un grand nombre d'individus de notre commune. Il était chargé de 3 quintaux de blé froment qu'il transportait à la minoterie de Vernonnet. Lequel peuple a retenu son blé.
4 ventose, An 3. (22.02.1795).
Liste des émigrés :
Letellier. Charles, louis, Auguste. (vivant de son bien).
Mordant. François, Isaac. Officier du roy.
Deschamps. Martin, curé d'Haricourt, déporté pour ne pas avoir prêté serment. Il y a une portion de meubles déposés en séquestre. Ces meubles seront vendus le 11 ventose An 3 à 9 heures du matin.
30 germinal An 3. (19.04.1795).
Une pétition est faite pour être présentée à l'administration du district en fin qu'il nous soit délivré des subsistances pour les besoins de nos concitoyens.
Considérant en outre que les denrées sont d'une cherté excessive pour la nourriture de la vie, qu'il est nécessaire d'accorder une indemnité au commissaire pour sa journée et dépends. A cet effet nommons unanimement le citoyen Morand, agent national, homme connu par son civisme et ses talents pour accélérer les opérations. Pour cet objet lui accordons la somme de dix livres qui seront prises entre les mains du maire sur la somme dont il dispose.
3 floréal. (22.04.1795).
Un arrêté pour les départements d'Eure et d'Eure et Loir déclare que "Les bons citoyens seront réarmés"
Le citoyen Morin récupère le mousqueton et le pistolet, jouissant des droits d'un bon citoyen.
Ce dernier, par l'intermédiaire de son concierge à La Magdelaine refuse les deux armes ci-dessus, entendu qu'il en avait livré à la municipalité lors du désarmement du 18 avril 1793 (vieux style) la quantité de quatre fusils et deux pistolets et qu'il entend recevoir la même quantité.
Impossible pour la municipalité de pouvoir remettre ladite quantité, entendu que le citoyen Le Marié, ancien maire, n'a déposé qu'un seul mousqueton et un pistolet.
7 floréal. (26.04.1795).
Recensement des grains et farines:
Il a été trouvé au total 30 quintaux, 38 livres à partager entre les 524 individus qui composent la commune. Ce qui fait pour chacun : 5 livres3/4. Dans ce recensement est compris 1 livre1/2 que chaque individu a reçu hier à la halle de Vernon.
Pour ce qui est des haricots, il en existe si peu qu'il n'est pas possible de s'en procurer suffisamment pour la plantation.
Même jour.
Les administrateurs du district d'Andely préviennent le citoyen Joachim Morelle que d'après l'opération du jury d'instruction, assemblé en conformité de la loi du 27 brumaire, il est nommé instituteur pour les communes de Pressagny et l'Isle. Qu'il veuille bien se rendre sur le champ en celle de Pressagny choisie pour sa résidence afin d'entrer aussitôt en fonction.
21 floréal.
Les déserteurs espagnols sont reconduits par deux gardes nationaux de la commune au district.
2 prairial. (21.05.1795).
Les délits observés dans la forêt nationale sont occasionnés par des animaux.
Considérant qu'il est du devoir des fonctionnaires publics de réprimer ces abus, deux mùembres de la municipalité revêtus de leur écharpe, se sont transportés dans tous les cantons des jeunes ventes, pour dresser procès-verbal contre les bestiaux qui seront pris en contravention.
Vers 5 à 6 heures du matin pendant la ronde ordinaire, avons trouvé dans le triége du Bas Breuil 2 vaches âgées de 7 à 8 ans et une suivante. L'une au poil noir caille, l'autre au poil rouge, appartenant à Noël Crochu, garde des dits bois demeurant en la commune. Elles étaient gardées par un de ses enfants.
3 prairial. (22 mai)
Publication de l'arrêté du citoyen Bernier, représentant du peuple, en date du 19 floréal an 3, tendant à empêcher de sonner le tocsin et autres sonneries et tintement de la cloche. Publié au son de la caisse afin que nul ne l'ignore
7 prairial (26 mai)
Vérification des assignats à face royale de 5 livres et au-dessus par les percepteurs et trésoriers de la fabrique.
20 prairial. (8 juin 1795)
Monsieur Antoine Picard, jardinier et cultivateur à la Madeleine nous a déclaré que, ce jour d'hui, vers 5 heures du matin serait entré de force 150 personnes, hommes et quelques femmes, certains armés de fusils, d'autres de sabres, bâtons et piques, venant de la commune de Vernon.
Ils ont demandé du pain. Picard aurait répondu qu'il n'en pouvait point donner vu qu'il était en grande pénurie. Ils sont de vive force montés en foule dans une chambre où ils lui ont enlevé deux boisseaux d'orge. Les premiers qui sont monté ont donné dix livres audit Picard. Une autre compagnie est montée, ils ont payé l'autre boisseau cinq livres. Pourquoi ledit déclarant se trouve réduit à un boisseau et demi d'orge pour dix personnes travaillant journellement à l'agriculture.
Il a été contraint de laisser à volonté de ces individus, libre, sans résistance, étant resté immobile, voyant une foule semblable revestue d'un oriflamme au bout d'une flèche toute rouge pour intimider davantage marquée et signée de sang. Pourquoi ledit Picard demande que la municipalité prenne des mesures pour la restitution de cette orge.
Les membres de la municipalité de Pressagny se rendront en la municipalité de Vernon afin de prévenir et arrêter que de pareils assemblements ne sortent en foule de leur commune et de poursuivre les auteurs et instigateurs de ce rassemblement.
Arrêtons que les deux boisseaux d'orge enlevés audit Picard lui seront rendus sur le champ, que la municipalité de Vernon ordonne la restitution par les auteurs de ce rassemblement.
Si la restitution n'est pas effectuée dans le délai de 24 heures, le présent procès verbal sera par nous envoyé au Comité de Salut Public de la Convention Nationale et au district d'Andely.

Nous apprenons en lisant la page 365 du Cahier des Délibérations que:
La restitution a eu lieu le 9 messidor de 1 boisseau et demi et deux pots d'orge sur les deux boisseaux qui avaient été retirés. Reste dû : 6 pots d'orge.
Picard déclare que ses intentions n'étaient nullement d'exiger des citoyens ci-dessus nommés le restant de l'orge, vu qu'il connaissait la pénurie où ces citoyens étaient en subsistance, mais qu'il se contenterait pour le restant, du remboursement en assignats. Il demande à la Municipalité de fixer le montant de ce que peuvent valoir les six pots d'orge.
Picard remet les 15 livres qu'il avait reçues sur lesquelles sont prélevées sept livres et dix sols pour la valeur des six pots d'orge. Les sept livres et dix sols restants seront remis à la municipalité de Vernon.
Dans les archives de la municipalité, manque le cahier des délibérations qui couvre la période du 8 juin1795 au 7 février 1808.
Nous ouvrons donc le nouveau cahier

1er EMPIRE

Le 7 février 1808.
L'arrondissement d'Andely réclame à la commune deux voyers, (cantonniers) pour la réparation des chemins vicinaux.
La délibération en réponse à cette demande précise que les sols (centimes) additionnels ne pouvant suffire aux dépenses annuelles, nous ne faisons aucun tort aux autres communes en offrant de faire la réparation par nous-mêmes.
Signé : de Caqueray. Maire.
Le 9 avril 1808.
Relevé sur un acte d'état civil : "Naissance de Philippe Breton, fils de Thomas, charpentier de vaisseau à Pressagny l'Orgueilleux". (Où se trouvait le chantier de construction navale ? )
Le 17 juin 1808 à 4 heures du soir.
Un bateau de passage, hors d'état de service est stationné dans la Commune.
Le maire se rend sur le port, revêtu du costume que lui attribue la loi.
Le dit bateau est interdit, enchaîné, cadenassé au port, la clef remise au maire contre procès verbal.
Le 8 mai 1809.
Le sieur Beaudoin fait don à la commune du presbytère de Pressagny. Le maire demande au gouvernement les sommes nécessaires pour faire des réparations urgentes que la surcharge d'impôts que paye la commune la met dans l'impossibilité de faire.
Le 21 mai 1809.
Le maire présente une pétition destinée à Monsieur le Préfet afin de décider sur les moyens à prendre pour s'assurer la propriété du presbytère.
Il est autorisé à faire toutes les démarches nécessaires pour faire nommer des experts, tant pour l'estimation que pour le procès verbal de comodo et incomodo et de présenter la requête nécessaire à Sa Majesté Impériale et Royale pour obtenir la ratification de l'acte fait le 18 brumaire de l'an 9.
Le 23 mai 1809
Le Conseil Municipal, vu la demande du 14 05 1809 de Monsieur Madelain, prêtre desservant notre Commune, d'accorder une somme pour son logement.
Vu le mauvais état du presbytère,
Vu la manière désintéressée avec laquelle Monsieur Madelain agit envers la Commune
Une somme de 150 francs lui sera allouée pour lui tenir lieu de logement. Cette somme sera imposée sur les contributions foncières de cette Commune.
Le 23 mai 1809
Constat de négligence du garde champêtre qui a laissé enlever la luzerne de feu Chauvet, confiée par Monsieur le Préfet à la surveillance de Monsieur le Maire pour parvenir au paiement des contributions arriérés. Le dit garde champêtre s'étant permis de recevoir des amendes fixées par lui, Arrêtons :
Article 1er. Ledit garde champêtre cessera son service à dater de la fin du présent mois.
Article 2ème Le maire fera son possible pour se faire autoriser par Monsieur le Préfet à la vente du taureau que possède la veuve Chauvet afin de parvenir au paiement des contributions arriérées.
Le 3 septembre 1809
Réunion de tous les soldats composant la Garde Nationale (83 pour la Commune) à l'effet de fournir trois hommes pour le service actif.
Charles Pâté, Michel Bouleau et Just Mariage ont donné leur accord moyennant salaire par souscription.
Le 17 février 1810
Napoléon, par la grâce de Dieu
Le Corps Législatif a rendu le 17 janvier 1810 le décret suivant conformément à la proposition faite au nom de l'Empereur et roi, après avoir entendu les orateurs du Conseil d'Etat et le président de la Commission d'Administration Intérieure.
Extrait du décret, article 135 :
La Commune de Pressagny, département de l'Eure, est autorisée à s'imposer extraordinairement en centimes additionnels sur ses contributions directes pour une somme de mille francs pour subvenir aux frais de réparation du presbytère de cette Commune.
Donné en notre palais des Tuileries le 27 janvier 1810.
Signé : Napoléon.
REMY LEBRUN.

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